Le Grand jeu : Memi-melo au Rojava

HOLE, SYRIA - NOVEMBER 10: Kurdish female troops from the Syrian Democratic Forces stand in a forward operating base overlooking the frontline on November 10, 2015 near the ISIL-held town of Hole in the autonomous region of Rojava, Syria. The forces, primarily Kurdish, are attacking ISIL extremists in the area near the Iraqi border and calling in airstrikes from U.S.-led coalition warplanes. The autonomous region of Rojava in northern Syria has become a bulwark against the Islamic State. The Rojava armed forces, with the aid of U.S. airstrikes and weapons, are retaking territory which had earlier been captured much by ISIL from the Syrian regime. (Photo by John Moore/Getty Images)

Le micmac en cours dans le nord syrien, débuté dimanche par un explosif communiqué de la Maison blanche, a, depuis, fait les gros titres. Sans surprise, le Deep State et les médias à son service ont immédiatement sauté à la gorge de Trump, d’autant plus que les Kurdes, courageux mais pas téméraires, lâchés ici, se raccrochant aux branches là, font une nouvelle fois des ouvertures à Assad.

Plutôt que de revenir sur la confusion qui a suivi l’annonce tonitruante du Donald, bien résumée ici, ou de s’attarder sur les toute dernières évolutions, il nous paraît plus judicieux de reproduire un billet assez prémonitoire, publié il y a deux mois et analysant les implications stratégiques profondes de ce qui se passe actuellement :

Si le feuilleton d’Idlib n’en finit pas de ne pas finir et demeure une épine dans le pied des loyalistes, victorieux par ailleurs, un déblocage pourrait peut-être prochainement voir le jour, qui aurait d’importantes répercussions sur une bonne partie du territoire syrien. Le conditionnel reste cependant de mise, tant les négociations en coulisses sont complexes et mettent en scène une multiplicité d’acteurs aux objectifs différents : Damas, les Turcs, Moscou, les Kurdes, les Américains, l’Iran.

L’espoir d’un rapprochement entre Assad et les Kurdes sous la houlette russe ayant fait long feu (torpillage US, mais aussi entêtement de Damas sur l’autonomie à donner aux Kurdes), l’on semble se diriger lentement, mais durablement vers une recomposition qui était déjà dans les tuyaux depuis un bout de temps, un troc qui, selon le principe des vases communicants, verrait Ankara “donner” Idlib aux Syro-Russes en échange d’un feu vert contre le Rojava kurde.

Nous n’en sommes pas encore là et n’y serons peut-être jamais, même s’il convient de ne pas en écarter tout à fait la possibilité. Les premiers éléments de réponse commenceront à tomber dans les jours/semaines à venir. Le sultan s’est-il une nouvelle fois contenté d’aboyer ou va-t-il, cette fois, réellement mordre ? L’offensive syro-russe sur l’Idlibistan sera-t-elle une nouvelle fois arrêtée après quelques villages repris ou est-elle partie pour durer ? Comment dit-on wait and see en turco-arabo-kurde ?

=> Source : Le Grand jeu

A propos de Observatus Geopoliticus 255 Articles
L'observateur des soubresauts géopolitiques mondiaux, au Moyen-Orient et ailleurs.