Lubrizol : petits conseils aux amis rouennais pour ne pas se faire gruger

Lubrizol : petits conseils aux amis rouennais pour ne pas se faire gruger

Amis rouennais et normands des environs, si vous ne voulez pas vous faire gruger lorsqu’il s’agira de vous faire indemniser des conséquences dramatiques de l’incendie Lubrizol, organisez-vous entre vous et menez vos propres enquêtes tout de suite !

Lubrizol Corporation (prononcez corporaicheunne) appartient depuis 2011 à la holding américaine Berkshire Hathaway de Warren Buffett et possède un réseau international de sites de production et de laboratoires dans 27 pays, des bureaux de vente dans plus de 100 pays. Autant dire pas des tendres et je vous parie qu’une armée de conseillers juridiques, avocats, cabinets de spécialistes aux ordres travaillent déjà d’arrache-pied pour limiter les dégâts financiers – ils ne connaissent que ça ! – de la tragédie rouennaise.

De plus, vous pouvez être sûrs qu’ils bénéficieront de la collaboration zélée (complicité ?) des autorités politiques en place. Les premières déclarations de ceux-ci en attestent, puant la fourberie et la volonté de minimiser les conséquences de la catastrophe, au total mépris des citoyens. L’usine Lubrizol de Rouen a été classée Seveso 3 niveau haut, et voilà qu’à les en croire, après la destruction complète du site, avant même toute analyse toxicologique, les citoyens rouennais n’auraient aucun souci à se faire ou quasi ! Vous verrez que la première tâche à laquelle ils s’attelleront, au nom de l’intérêt général bien sûr, sera de nettoyer (faire disparaître ?) toutes traces des dommages… interdisant toute enquête complémentaire !

Ne soyez pas une nouvelle fois les dindons de leur farce

Ne soyez pas pas une nouvelle fois les dindons de leur farce. Rappelez-vous leurs agissements après les tragédies de l’amiante, les marées noires genre Amoco Cadiz, l’explosion de l’usine AZF à Toulouse, les dégâts du Mediator produit par le sinistre laboratoire Servier…

La marche à suivre est assez simple en fait :

  • Opérez immédiatement vos propres prélèvements des matières souillées, dans vos jardins, vos réserves d’eau, sur vos murs, vos autos… Le tout sous contrôle d’huissier, faute de quoi le contenu de vos prélèvements pourrait être contesté.
  • Organisez-vous entre vous sans tarder en associations de défense, groupes d’intérêts sur les réseaux sociaux…
  • Faites analyser collectivement vos échantillons par des labos choisis par vous.
  • Réunissez au plus vite un pole d’avocats chargé de défendre vos intérêts.
  • Faites financer vos enquêtes par voie de crowdfunding (financement participatif).

Mais surtout, surtout, ne vous fiez jamais aux autorités publiques venues d’en haut et à leurs “experts juridiques” (tout juste les élus locaux et à condition qu’eux-mêmes soient parmi les victimes). Fuyez le spécialistes privés mandatés par les propres responsables du désastre. Ne comptez pas sur les médias merdeux qui déjà sautent sur la mort providentielle d’un ancien président de la République pour étouffer l’incendie du scandale rouennais. Ceux-là seront sans aucun scrupule, ni aucune considération pour vos intérêts de victimes.

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.