Dérive de la propagande : la poutre occidentale contre la paille iranienne

Dérive de la propagande : la poutre occidentale contre la paille iranienne

À quoi reconnaît-on une civilisation en phase finale de maladie ? Quand ses appareils d’information – les médias – cessent de diffuser la moindre information pour répandre une propagande si grossière qu’elle ne peut abuser que des citoyens intoxiqués.

Exemple : la campagne actuelle de l’empire US et de ses satellites européens contre l’ennemi iranien, surtout coupable d’appartenir à un axe eurasiatique en train de tailler des croupières au camp occidental au Moyen-Orient. Un sujet en or pour le camp occidental : le sort des femmes iraniennes.

Quand les “victimes” iraniennes s’adressent exclusivement aux Occidentaux

Le document qui suit, en anglais, est emblématique de cette propagande :

[Traduction : hier, une femme s’est immolée par le feu après avoir été emprisonnée pour avoir pénétré dans un stade. Aujourd’hui, deux femmes d’Iran racontent au monde ce que signifie vivre sous l’apartheid sexuel. Elles connaissent le risque d’être arrêtées pour marcher non voilées et filmer par #WhiteWednesdays . La FIFA et l’UE les entendent.]

La vidéo renforce la grossièreté de la manipulation médiatique :

  • les deux femmes ne s’adressent pas à leurs compatriotes iraniennes en farsi, mais s’expriment dans un anglais quasi parfait que leurs consœurs du pays ignorent pour la plupart ;
  • si elles prennent « le risque d’être arrêtées » en s’exprimant non voilées, alors ce n’est pas le flou ridicule appliqué sur leurs yeux par le média britannique pour faire genre qui empêchera de les identifier.

[Traduction : bien sûr, les filles iraniennes parlent anglais pour convaincre les autres filles iraniennes. Ou peut-être est-ce que Bolton ne parle pas farsi… Alors que le voile est clairement une chose stupide, il n’y a pas « d’apartheid de genre » en Iran. Dites-le à vos amis saoudiens.]

Une propagande à usage uniquement interne

Pas question de nier ici les discriminations subies par les femmes en Iran (même si le port du voile n’y est légalement plus obligatoire). Mais occupons-nous d’abord des poutres que nous avons dans nos yeux plutôt que des pailles que nous apercevons dans ceux de nos voisins iraniens. Il est assez piquant de voir des pays occidentaux voler avec tant d’empressement au secours des seules femmes iraniennes quand ils continuent à soutenir et à fournir en armes un régime saoudien où le sort des femmes y est autrement plus tragique.

Amusant aussi de voir ce vertueux pilonnage médiatique repris en boucle par des médias français… juste au moment :

  • où se développe en France une campagne en faveur des femmes battues ou assassinées par leurs conjoints mâles (121 victimes en 2018) ;
  • où des Zineb Redouane, Geneviève Legay, et autres jeunes filles Gilets jaunes sont tuées ou mutilées à vie par la sauvagerie de nos policiers [photo] ?
  • où des millions d’euros sont dépensées par nos si “libres” compagnes en produits dits de beauté, en médicaments ou même en opérations de chirurgie esthétique, tout ça pour répondre aux impitoyables canons esthétiques occidentaux.

Mais nos communicants en panique n’ont que faire de tout ceci, et encore moins du sort des femmes, qu’elles soient iraniennes ou occidentales. Bousculés par l’effondrement de leur univers “civilisé”, ils n’ont même plus souci de dissimuler les grossières ficelles de leur propagande. Leur entreprise de manipulation désormais généralisée ne vise pas à frapper l’ennemi iranien, russe ou chinois. Il n’a pour véritable objectif que d’essayer de fédérer des citoyens occidentaux hébétés autour de leurs dirigeants ébranlés.


Post-scriptum : en cherchant des images de femmes blessées par nos forces de l’ordre pour illustrer mon billet, je me suis aperçu que Google avait totalement éliminé celle, pourtant bien connue sur les réseaux sociaux, du corps de Zineb Redouane sur son lit de mort ; il m’a fallu fouiller les archives du Média TV pour la trouver.

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.