L’importance subversive de s’attaquer aux symboles du pouvoir

L’importance subversive de s’attaquer aux symboles du pouvoir

S’attaquer aux symboles du pouvoir a autant d’importance subversive que de s’en prendre à ses bastions économiques et financiers. Pour preuve, le passage au tribunal, le 12 septembre prochain, de deux “décrocheuses” de portraits présidentiels.

Les symboles sont un trait d’union indispensable pour unir les citoyens à leurs gouvernants, les garants essentiels de la hiérarchie politique en place. Quand les symboles sont attaqués par les premiers, il ne reste aux seconds qu’à se barricader derrière leur police et leur justice. Mais cette défense ultime est très limitée dans le temps et le pouvoir ne l’ignore pas.

Voilà pourquoi le régime macronien tente désespérément de rabibocher quelques symboles de son pouvoir pour renouer avec une opinion publique en train de le lâcher. (Dernier avatar en ligne : la récupération tonitruante par le gouvernement Philippe de la cause des femmes battues.)

Voilà pourquoi le pouvoir met tant de zèle répressif à enrayer et à punir les saboteurs de symboles. Le but du jeu est évident : isoler les empêcheurs de gouverner en rond et conserver une frange suffisante de l’opinion publique pour gagner les prochaines batailles électorales.

Des saboteurs qui revendiquent ouvertement leur droit légitime aux sabotages

Mais les saboteurs de symboles sont de plus en plus offensifs et agissent sur tous les fronts. On se rappelle l’humiliation subie par Emmanuel Macron lors de sa descente mouvementée des Champs-Élysées le 14 juillet dernier. Et il n’est pas sûr que l’intense campagne médiatique pour faire passer le président français comme vainqueur par ko du dernier G7 de Biarritz ait réussi à conquérir une part conséquente de l’opinion publique.

Plus grave pour le pouvoir, les saboteurs de symboles, loin de se lamenter et de se laisser impressionner par une répression accrue, commencent à revendiquer ouvertement leur droit légitime aux sabotages. Emma et Marion, les deux activistes climatiques décrocheuses de portrait appelées à répondre de leurs “attentats” devant la justice le 12 septembre, passent résolument à un niveau d’offensive supérieur avec une websérie intitulée “Suis mon procès”.

Que ces deux jeunes femmes soient remerciées pour leur courage et pour le chemin exemplaire qu’elles nous invitent à suivre.

« Je risque de sacrifier une partie de ma liberté, mais je continuerai, parce que je gagne une autre liberté » (Marion Esnault).

Suis mon procès d'activiste climatique – Episode 1/5

[Suis mon procès d'activiste climatique – Épisode 1]
Emma Chevallier et moi, on a fait nos premiers pas ensemble dans le mouvement climat en 2014. 5 ans plus tard, on se retrouve en procès pour avoir participé à une action de désobéissance civile dénonçant le vide de la politique climatique du gouvernement. Notre délit ? avoir décroché des portraits présidentiels dans des mairies. Comment appréhendons-nous le procès ? Qu’est-ce qui nous pousse à désobéir ? Pourquoi dénonçons-nous l’inaction climatique de Macron ? Réponses en 5 épisodes.
Aujourd’hui, l’épisode 1 👇

Pour nous soutenir :
☝️Rejoignez-nous le 11 septembre, à 8h devant le Tribunal de Grande Instance de Paris : https://www.facebook.com/events/878973822436322/
✌️Participez à la collecte : https://alternatiba.eu/paris/don/?fbclid=IwAR1VtpMQvkxkhhHYye7VFcyGGLLs33YxIY8c_kdjFhEUgCSQPSMQohhWEd4
– avec ANV Action non-violente COP21 et Action Climat Paris

La web-série Suis mon procès est réalisée avec Alex Balcon et Timothée Raymond et a été tournée à Durango Studio

Publiée par Marion Esnault sur Lundi 2 septembre 2019

=> Lire aussi :

“Des « décrocheuses » de portraits de Macron en procès lancent une websérie” sur Reporterre.
« Le 11 septembre prochain je serai en procès », par Marion Esnault, sur le yetiblog.

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.