Ces calamités naturelles ou humaines qui sauveront (peut-être) l’humanité

Ces calamités naturelles ou humaines qui sauveront (peut-être) l’humanité

C’est entendu, le destin de l’humanité est sur une très mauvaise pente. Et ce n’est pas une intervention de l’intelligence humaine qui enraiera l’effondrement. L’intelligence humaine ne se réveille qu’une fois les catastrophes survenues.

Mais il est une condition pour que les désastres naturels ou humains fassent réagir l’humanité et qu’elle se sauve de la perdition : il faut que ces cataclysmes touchent directement les riches et les puissants dans leurs chairs. Les ouragans comme Katrina à la Nouvelle-Orléans ou Dorian aux Bahamas n’ont strictement aucune chance d’interpeler l’humanité tant qu’ils ne ravageront pas les quartiers riches ou les mégalopoles comme New-York, Londres ou Paris.

Les ouragans, les migrations, une guerre…

Mais ça se rapproche ! En 2012, l’ouragan Sandy donna un premier coup de semonces aux puissants en touchant durement New York. En 2018, l’ouragan Irma hacha menues les îles pour millionnaires de Saint-Barthélémy et de Saint-Martin, frappant sans nuance de classes quartiers périphériques et périmètres résidentiels.  Bien sûr, les riches et les puissants ont évidemment plus de capacités à se retirer à temps des zones de danger, à faire en sorte que les conséquences des cataclysmes se limitent à de simples dégâts matériels qu’ils ont largement les moyens financiers de faire réparer.

Mais les pollutions à n’en plus finir qui empoisonnent l’air des grandes mégalopoles, à leur pic par temps de canicules de plus en plus nombreuses et rapprochées, ne font pas dans la discrimination sociale. L’épuisement des ressources naturelles, la fonte des glaces polaires et la montée des eaux qui s’ensuivra toucheront les appareils de production capitaliste et les conditions de vie de tous les individus de la planète sans condition d’épaisseur de portefeuille.

Les migrations pour des raisons de guerre ou climatiques ne seront plus longtemps contenus aux périphéries libyennes, grecques, ou même italiennes. Non, nous ne tueront pas tous les “barbares” déguenillés qui se pressent à nos portes. Vous verrez qu’ils submergeront nos dérisoires murs de protection et se répandront dans tous nos quartiers, pauvres ou riches… entrainant leur renaissance : la nature a horreur du vide.

Enfin, dernière calamité envisageable, la tragédie-reine : la guerre. Les conditions militaires ont beaucoup changé depuis 1945. Qu’une de ces bombes nucléaires qui pullulent sur la planète raye de la carte une ville occidentale comme Washington, et vous verrez que les survivants de l’oligarchie sortiront de leurs abris atomiques fissurés avec un drapeau blanc en criant grâce.

… ou une révolution

La question, infiniment délicate, qui se pose à cet instant du raisonnement est de savoir si la raison humaine ne se réveillera pas trop tard, au-delà du point de non retour avant déflagration définitive. S’en remettre au petit bonheur la chance n’a guère ici de sens, ni d’efficacité.

Il y a bien une ultime “calamité” dont nous n’avons pas parlée : une réaction contre un destin funeste d’une partie de l’humanité sous forme de révolution. Car c’est bien d’une calamité dont il s’agit ! Pas d’une manifestation raisonnée de notre intelligence, mais d’une réaction incontrôlable de désespoir et de colère. Notre révolution-reine, celle de 1789 en France, fut une calamité pour la puissance monarchique de l’époque. Comme il est dit plus haut, la survie de l’humanité suppose que nos calamités, fussent-elles révolutions, touchent d’abord les principaux prédateurs – les riches, les puissants – dans leur chair.

Nous n’en sommes hélas pas là aujourd’hui, englués dans des considérations moralisatrices sur la non-violence, ce dernier rempart érigé par une classe dominante qui ne recule pas, elle, devant la brutalité pour sauver ses intérêts (entendez son droit à l’autodestruction de l’espèce).

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.