Radio de l’été : Le chant diphonique de Huun Huur Tu et la beauté du monde

Tuva

Radio Partageux #06. Où l’on écoute aujourd’hui de la musique radicalement différente de tout, mais vraiment de tout ce que tu connais.

Voici deux ans, durant l’été, je t’avais proposé un concert complet de Huun Huur Tu que tu iras regarder si cette chanson te plaît.

En ces temps anciens je n’osais pas encore mettre de tels objets musicaux sur la radio de l’été des blogueurs. Tu vois, c’est bête, on jette une oreille sur ce que les autres blogueurs ont proposé. Comme il y a pas mal de productions anglophones qui ta ta poument on se dit que nos musiques hors piste n’iraient pas trop avec. Et du coup on s’efface. Et on a tord. On a tellement tord que, lorsqu’on ose finalement se lancer, des gens qui programment des chansons de styles fort éloignés, te disent combien ils ont apprécié ce qui est pour eux une découverte.

C’est un chemin de crête. Ne pas écraser sous le mépris hautain celui qui ne partage pas tes goûts. Comme ne pas t’effacer parce que tu es minoritaire dans un groupe.

La chanson d’aujourd’hui n’est pas plus guillerette que ça. C’est la plainte d’un orphelin. En substance : pauvre de moi, j’ai traversé tant d’épreuves dans la steppe, j’ai tant souffert dans la montagne qu’il aurait mieux valu que je meure quand j’étais bébé.

À 6.40 tu as un solo de voix diphonique qui va te changer radicalement de tout ce que tu as l’habitude d’entendre. Mais vraiment de tout ! Si tu ne connais pas le chant diphonique, faut aller lire ce que j’en ai écrit. J’ai la flemme de recopier. À toi d’avoir le courage de cliquer.

Pourquoi je te propose Huun Huur Tu ? D’abord parce que j’aime. Et puis aussi pour la beauté du monde. Qui naît de la diversité. Qui naît des sources les plus inattendues. Une belle tapée de la musique classique occidentale, que j’aime, est née de la croyance chrétienne, que je ne partage pas. Huun Huur Tu est manifestement influencé par le chamanisme de Tuva. Tu remarqueras à droite de la scène la présence d’un bâton de prière orné de tissus colorés. Et aussi une rouelle solaire au dessus des musiciens. Il y a des théoriciens qui nous voudraient tous identiques, tous effacés, tous blafards. Qui voudraient que nous cachions toutes nos différences au nom de leur idéologie totalitaire du nivellement dans leur moule. L’uniforme de la Révolution culturelle sous la dictature de Mao.

Tu imagines si on était tous de la même taille, avec la même couleur de cheveux et de peau, avec le même nez et la même bouche, dans les mêmes vêtements et les mêmes maisons ? Avec les mêmes pensées et les mêmes chansons ? Parlant la même langue ? Y’a rien qui ne ressemble plus à un aéroport en Asie ou en Europe qu’un aéroport en Amérique du Nord ou en Afrique. Et un aéroport, c’est pire que l’eau tiède dans un verre, ça donne envie de rien…

A propos de Pierrick Tillet 3777 Articles
Un voyageur à domicile en quête d'une nouvelle civilisation.