Les G7 mercenaires du capitalisme à Biarritz : des losers pathétiques

Les G7 mercenaires du capitalisme à Biarritz : des losers pathétiques

En principe, le G-7 réunit les 7 super-puissances de la planète. Manque de pot, ces 7 mercenaires du capitalisme, aujourd’hui réunis sous intense protection à Biarritz, ont du plomb dans l’aile, dixit Jacques Sapir.


Biarritz : qui se soucie encore du G-7 ?

Le G-7 a eu, à la fin du XXème siècle un rôle dominant dans l’économie mondiale. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Il est clairement distancé par les BRICS qui sont un forum rassemblant les pays émergents. L’expulsion de la Russie du G-8 en 2014, une expulsion qui est aujourd’hui regrettée tant par les dirigeants japonais et italiens que par Donald Trump a certainement aggravé son déclin. D’ailleurs, si on calcule en PPA [parité de pouvoir d’achat, ndlr], la part du G-7 dans le PIB mondial est aujourd’hui inférieure à celle des BRICS.

Source : FMI

Il est évident que la proposition d’Emmanuel Macron d’inviter d’autres pays, comme l’Australie, l’Inde, l’Afrique du Sud et le Chili, correspond à la reconnaissance de cet état de fait. Mais, il faut ici noter que la Chine et de la Russie, dont le rôle est pourtant majeur, ne sont pas invitées. Cette invitation a donc a pour but de masquer la perte d’influence et de prestige du G-7 par rapport au G-20. C’est une proposition de pure forme, qui n’a pas d’autre but que de tenter de briser le front des pays émergents. Comme de nombreuses initiatives d’Emmanuel Macron, cette proposition sera certainement un échec politique.

G-7 ou G-20 ?

Il est clair aujourd’hui que tout club fermé des pays riches n’a plus aucune légitimité pour prendre voire simplement pour proposer des décisions à l’ensemble des pays émergents. Les États-Unis, eux, l’ont d’ailleurs compris qui veulent inviter à nouveau la Russie à participer au G-7. Mais il est peu probable que la Russie accepte. Elle sait très bien que le G-7 est une institution en fin de vie. Le G-7 est ainsi dépassé par les BRICS non seulement en pourcentage du PIB mondial, mais aussi en pourcentage des investissements fait dans le monde.

Source : FMI

Cela traduit non seulement la montée en puissance des investissements chinois, indiens et russes, mais aussi le ralentissement importants des investissements faits dans les pays du G-7, qu’il s’agisse des investissements allemands ou américains. Là encore, on peut voir que, jusqu’en 2000, les pays du G-7 réalisaient environ 60% de l’investissement mondial. Le tournant date donc du XXIème siècle. Les pays émergents ont augmenté de manière importante leur part dans les investissements. Ils ont rattrapé les pays du G-7 en 2009, et ils les ont dépassé.

De fait, une comparaison du G-20 avec le G-7 montre bien que le premier a pris le pas sur le second. C’est donc le G-20 qui est devenu la véritable instance mondiale qui compte. Et cela se vérifie quand on compare le poids du G-7 à celui du G-20.

Le G-20 pèse actuellement 73,6% du PIB mondial. Il associe le G-7, l’Union Européenne, les BRICS et d’autres grands pays émergents. C’est cet ensemble qui est le plus pertinent sur le plan économique.

L’insignifiance du G-7

Nous vivons donc la fin de l’occidentalisation du monde, une situation qui a correspondu de la fin du XVIIIème siècle à la fin du XXème siècle. Ceci doit être actée. C’est pourquoi, comme on l’a dit, la Russie ne tient pas particulièrement à revenir au G-7. Le centre de gravité de l’économie mondiale n’est plus l’Océan atlantique. Il s’est déplacé en Asie avec la Chine, 2ème économie mondiale voire même ma 1ère si l’on calcule en parité de pouvoir d’achat, et interlocutrice directe des États-Unis. Sans parler de l’Inde, qui elle aussi monte en puissance et pointe désormais à la 5ème place [devant la France, ndlr]. C’est pourquoi la réunion du G-7 de Biarritz n’est plus en mesure de décider pour le monde, quoi que disent ou quoi que pensent les journalistes des grands médias français.

=> Lire le billet de Jacques Sapir en entier sur Les Crises

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.