Les perspectives de guerre civile se rapprochent à grands pas

Les perspectives de guerre civile se rapprochent à grands pas

Pour valeureuses et massives qu’elles furent, les manifestations d’hier contre la loi de sécurité globale [photo] étaient vouées à l’échec. Trop facilement réprimables (elles le furent), trop facilement nassables (elles le furent), trop facilement contrôlables (les journalistes rebelles présents sur place furent facilement et rapidement arrêtés). Ces démonstrations de masse n’ont de sens que face à un pouvoir en capacité et en mesure de négocier.

Mais il y a longtemps que les actes hebdomadaires des Gilets jaunes, les manifestations des personnels hospitaliers, des personnels de l’Éducation nationale, des avocats en colère, des opposants à la réforme des retraites ou du code du travail, ont montré que le pouvoir en place – une bande de malandrins au service exclusif de la mafia des riches – n’a nulle intention, ni même d’ailleurs la capacité de négocier ou d’accorder quoi que ce soit.

Dès lors, l’alternative est simple : ce ne sont plus les mesures prises par ce régime de voyous qui posent problème, mais le régime lui-même. S’en débarrasser devient prioritaire. Et ce n’est pas la prochaine présidentielle de 2022, trop tardive, opposant de vieilles formations sans envergure, qui est en mesure d’y parvenir.

Soit le régime des imposteurs s’auto-détruit, soit le peuple désespéré se chargera de le dégager

Mais alors, comment se débarrasser des imposteurs ? Là encore, pas trente-six alternatives, mais deux : soit ceux-là s’auto-détruisent dans le naufrage de leur système, l’effondrement de l’économie, l’explosion des bulles financières ; soit c’est une révolte populaire musclée qui se chargera de les dégager.

Pour inéluctable qu’elle soit, la piste de l’auto-destruction du régime va inévitablement traîner en longueur, entraîner son lot de souffrances insupportables qui frapperont la population en premier chef.

C’est justement de ces souffrances insupportables que naissent les soulèvements   populaires. Non d’un projet politique mûrement réfléchi, d’un “complot” disent ces opposants, mais du désespoir et de la colère. Ce désespoir, cette colère qui, après avoir soulevé les Gilets jaunes, fera réagir les commerçants, les petits artisans, les étudiants, tous les précarisés au-delà du soutenable.

De l’explosion des violences sporadiques à l’insurrection politique organisée 

D’abord isolées, sporadiques, les explosions de violence finiront par se coaliser, se   rejoindre en une insurrection populaire plus ou moins organisée. Les mutins ne s’offriront plus en pâtures expiatoires aux escadrons de robocops. On ne fait pas de révolution en affichant la gueule cabossée de ses martyrs. Elles iront traquer, jusque dans leurs tanières cossues, les fauteurs d’effondrement eux-mêmes.

Aujourd’hui, ceux-là n’en mènent pas large. Le fait qu’ils se sentent contraints de se réfugier derrière un rideau de mesures autoritaires ne démontre en rien leur autorité, mais au contraire leur faiblesse, leur désarroi, leur impuissance. Lorsque cette faiblesse apparaîtra d’évidence aux yeux de la population meurtrie, lorsque celle-ci, par désespoir et par colère, aura dépassé sa peur, alors il se pourrait bien que le cul de nos tyrans de série Z commencent à leur cuire.

Bien des incertitudes demeurent, bien des rebondissements interviendront avant que ne  se mette en place un tel scénario. Mais pariez que la perspective de celui-ci approche à grands pas. On appelle ça une guerre civile quand elle échoue, une révolution quand elle est victorieuse. 

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.