Lettre ouverte à la hiérarchie militaire : réponse à mes détracteurs

Lettre ouverte à la hiérarchie militaire : réponse à mes détracteurs

Comme je l’attendais, ma lettre ouverte à la hiérarchie militaire de mon pays a suscité l’étonnement, le doute, sinon l’hostilité d’une bonne partie de mes compagnons de route. Je persiste et signe. Mes explications :

  • Une révolution est d’abord un coup d’État. Or AUCUNE révolution, AUCUN coup d’État n’est possible sans l’accord au moins tacite d’une partie des forces armées du pays. Sinon on vous envoie les chars et vous êtes morts.
  • Initiée toujours par une minorité (les Gilets jaunes en l’occurrence), une révolution triomphe, non seulement en récoltant l’adhésion de l’ensemble du pays, mais aussi et surtout en composant avec les corps institués incontournables de la nation. L’armée est une de ces composantes.
  • Livré à lui-même, le peuple révolté s’est TOUJOURS fait écraser. Exemple : la révolution de 1848, la Commune de Paris de 1871.

Des objections caricaturales qui ne tiennent pas la route

Aucune des objections qui me sont remontées ne tient la route :

  • Dire qu’en appeler à l’armée, c’est faire le lit d’une future dictature militaire est une hérésie historique. Contrairement à l’Allemagne, l’Espagne ou l’Italie, mais tout comme la Grande-Bretagne, la France n’a aucune tradition autoritaire, ne connut nulle dictature totalitaire dans son histoire récente. Le général de Gaulle, à peine parvenu au pouvoir en 1958, le rendit aussitôt aux civils.
  • S’appuyer sur des sondages pour affirmer que la majorité des militaires votent en faveur du FN/RN, et alors ? Il y a aussi des Gilets jaunes qui votèrent FN/RN, tout comme il y a d’anciens militaires qui sont Gilets jaunes (Maxime Nicolle).
  • Dire que l’armée d’aujourd’hui n’est plus celles des jeunes appelés du contingents, mais une armée de métier détaché du peuple est un contresens : comme si les “jeunes du contingents” avaient été à l’origine de la moindre révolution !
  • Dire enfin que la hiérarchie militaire penche toujours du côté du manche et de l’intérêt des puissants est caricatural. Il est des militaires qui ont aussi le sens de l’honneur et du devoir. Faut-il leur rappeler comment le général Pierre de Villiers tint tête au président Macron dès juillet 2017, et comment le mutin fut immédiatement soutenu par son collègue le général Vincent Desportes ?

Une révolution est un coup d’État et ne s’accomplit pas dans le cadre utopique d’une Assemblée des assemblées, aussi valeureuse fût-elle. Dites-moi donc comment nous allons pouvoir accéder au pouvoir, imposer le RIC et les revendications sociales des Gilets jaunes sans dégager d’autorité ceux qui détiennent indûment le pays aujourd’hui, c’est-dire sans révolution, sans coup d’État ? Qu’allons-nous faire si par miracle nous parvenons au pouvoir ? Nous précipiter aux portes des casernes en criant « rendez vous, vous êtes cernés » ?

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.