« Salariés sans frontières », le docu que France 5 diffuse à l’heure d’un film X

Gilles Balbastre, réalisateur de "Salariés sans frontières"
Gilles Balbastre, réalisateur de « Salariés sans frontières »

Il paraît que le succès appelle le succès. Eh bien, ce n’est pas tout à fait vrai. Gilles Balbastre avait fait un certain tabac avec son film « Les Nouveaux chiens de garde » (plus de 240 000 entrées). Ce qui n’empêchera pas France 5 de reléguer son dernier opus, « Salariés sans frontières », un 16 janvier impromptu, au-delà de minuit, et sans la moindre pub.

Les tiroirs grippés du service public

Ce documentaire, la chaîne de service publique l’a pourtant dans ses tiroirs depuis septembre 2012. Faut croire que les tiroirs sont sacrément grippés. Gilles Balbastre n’a appris sa diffusion le 16 janvier à zéro heure dix qu’en surfant sur le Net en quête des programmes télés.

Difficile de vous parler d’un film qu’aucune promotion de presse ne daigna nous présenter. Contentons-nous de celle fournie gracieusement par le réalisateur :

<< En résumé, le film porte sur la destruction du travail ouvrier dans la grande région (Lorraine, Wallonie, Sarre) qui entoure le Luxembourg et le remplacement des ouvriers de la sidérurgie et des mines de fer par des salariés des services qui tous les matins partent dans le 2ème PIB par habitant du monde nettoyer les bureaux, garder les banques, servir les cafés des golden boys… >>

Le social aussi honteux qu’une soirée cul

Bref, un bon sujet social comme les adorait Zola en son temps. Et qui aurait pu intéresser l’enfant chéri de la chaîne, Yves Calvi et son émission d’<< actualité politique, sociale, économique ou culturelle >>.

Mais bon, teuf teuf, faut dire qu’Yves Calvi est de ceux qui ont été un tantinet assaisonnés dans les « Nouveaux chiens de garde ». Gilles Balbastre l’a bien cherché !

En attendant, histoire de vous remettre de la conférence de presse insipide livrée par un président de comédie devant un parterre de quelques 600 indigents journalistes pas foutus de lui poser la moindre question un tant soit peu intéressante, essayez de jeter un œil sur ce film apparemment aussi honteux qu’une soirée cul sur Canal Plus.

Qui passe, sonnez trompettes, roulez tambours, le 16 janvier à zéro heure dix pile-poil. (Ou alors, après, ce sera le podcast, si jamais nos cauteleux serviteurs publics daignent en laisser un.)

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Un voyageur à domicile en quête d'une nouvelle civilisation.