Les fléaux d’un régime que nous nous devons de faire tomber

Les fléaux d’un régime que nous nous devons de faire tomber

Zineb Redouane assassinée à Marseille par un tir tendu de grenades, Steve Canico martyr quasi assuré d’une charge sauvage de policiers à Nantes. Des centaines de personnes blessées et mutilées parmi les manifestants en gilets jaunes. Des centaines d’autres manifestants condamnées par des décisions judiciaires ultra-répressives. Des libertés ouvertement bafouées. Un flot ininterrompu de nouvelles lénifiantes ou tronquées sur les médias officiels, une propagande entièrement dévouée à la caste. Un total irrespect de toutes les règles établies par des autorités acculées. Tels sont quelques-uns des fléaux que le pays va devoir affronter dans les temps à venir.

Un régime qui n’a plus que trois remparts… et aucun échappatoire

Geindre, protester, s’indigner est une perte d’énergie. Le régime ne reculera devant aucun fléau pour sauver sa mise. Sa fuite en avant répressive s’intensifiera à mesure que sa chute se précise. Le problème n’est plus de l’inciter, de l’amadouer ou de le raisonner, mais de le faire tomber.

Le régime ne dispose plus que de trois remparts pour repousser l’échéance : les remparts policier, judiciaire et médiatique. Mais le pouvoir a perdu ses trois carburants indispensables :

  • le carburant économique qui le prive non seulement d’une croissance vitale pour lui, mais qui est en train de le conduire  tout droit vers une récession catastrophique ;
  • le carburant financier grevé de bulles absurdes sur le point d’exploser à tout instant ;
  • le carburant de la confiance que lui accorde ou non les différentes strates de la société.

Acculé qui plus est par une urgence climatique destructrice, le régime n’a en réalité plus aucun échappatoire. Le régime politique français est aujourd’hui le maillon faible du camp capitaliste occidental, moqué, méprisé, condamné, même plus à même d’éviter une catastrophe sociale à sa population. S’en débarrasser est un devoir citoyen.

La sortie de crise ne peut être que radicale

Face au régime, deux composantes issues de la société dite civile :

  • une force politique d’opposition, plutôt homogène, active, essentiellement composée aujourd’hui par les Gilets jaunes, dont on a pu mesurer la rapide maturation politique en sept mois de soulèvement, ou par les activistes du climat décrocheurs de portraits présidentiels (je ne parle pas ici des tristes ectoplasmes tentant de réunir à nouveau une gauche d’antan moribonde) ;
  • l’ensemble de la population, hétérogène, plutôt passive par réflexe de crainte, peu politisée, mais de plus en plus irritée par les privations et souffrances grandissantes qui lui sont infligées ; c’est à la population peu politisée qu’appartiennent les urgentistes en colère, les enseignants excédés par des réformes couperets au point de torpiller le baccalauréat de cette année, et toutes les autres catégories socio-professionnelles spoliées par le pouvoir.

Tant que ces deux composantes de la société n’auront pas pris conscience de la nécessité de faire front commun pour combattre, frontalement et radicalement, un régime qui lui inflige tant de fléaux au nom de la défense exclusive d’intérêts privés, tant que tous n’auront pas admis l’impérieuse nécessité de neutraliser tous les acteurs malfaisants de ce régime, tant que se poursuivront les pétitions inutiles, les listes vaines de revendications à rallonge, les lettres ouvertes outragées implorant la compassion de l’ennemi, alors la situation de crise perdurera encore de longs mois, les fléaux policiers et judiciaires s’intensifieront, et les souffrances du peuple se multiplieront jusqu’à l’intolérable. La sortie de crise ne peut être que radicale.

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.