Bilan 2013 (3/4) : François s’en va-t-en guerre

Hollande à Bangui le 10 décembre 2013François Hollande à Bangui le 10 décembre 2013 (Reuters)

Qui aurait cru, mais qui aurait cru, avant la présidentielle de 2012, que le très bonasse « capitaine de pédalo » Hollande deviendrait en 2013 un si fougueux et impétueux foudre de guerre ?


Tellement fougueux qu’il s’embarqua dans des aventures improbables sans qu’aucune des nations alliées ne fut en mesure de le suivre. Au point que notre Tartarin de Tulle en fut contraint de demander, tant un mandat tardif de l’ONU, qu’un soutien financier pressant des autres pays européens.

De quelques déconvenues

Tellement impétueux, poussé au cul par un ministre Fabius hystérisé, qu’il en subit quelques déconvenues mémorables. En Syrie, par exemple, où il fut proprement ridiculisé par l’ingrat Obama et le perfide Poutine.

Foin de tout cela pour notre le preux François. Ne pouvait-il se targuer d’une victoire éclair au Mali, d’applaudissements nourris à son arrivée en Centrafrique ?

Seulement voilà, gagner une bataille (surtout devant des adversaires par nature aussi fuyants que des « terroristes ») est une chose. Remporter la guerre en est une autre, inscrite dans la durée. On voit bien, par ce qui se passe à Kidal (Mali) ou à Bangui (Centrafrique) que les choses ne sont pas aussi simples qu’il paraît aux simples d’esprit.

L’honneur, etc.

Mais qu’importe au boutefeu ces objections de conscience défaitistes, ses jérémiades de pacifiste, n’en allait-il pas de l’honneur de la France d’aller bouter tel dictateur infâme, de voler au secours des peuples meurtris des femmes outragées, des enfants martyrisés ?

Vous en connaissez beaucoup, vous, des va-t-en guerre qui ne se prévalent de raisons hautement humanistes et morales pour faire donner leur soldatesque ?

N’y avait-il pas quelques autres menues raisons cachées ? Quelques réserves d’uranium, de gaz, quelques mines d’or et de diamant à sauver ? Quelques positions stratégiques à préserver ? Bien sûr que non, vous n’y pensez pas !

On aurait aussi pu souhaiter que notre chevalier blanc commence d’abord par cesser de fricoter ouvertement avec quelques despotes aux mains pas vraiment reluisantes.

Hollande le « néocons »

Plus grave encore, feu-notre ennemi de la finance se fait aujourd’hui traiter de « néocons ». Du nom de ces néoconservateurs américains qui depuis les années soixante se sont faits les nouveaux croisés des valeurs de l’Occident et de leur tête-de-pont israélienne, prêts à imposer partout la « démocratie », non seulement via les urnes, mais à l’occasion par les armes.

<< Vous vous demandez ce que nous allons faire des terroristes si on les retrouvait ? Les détruire >> (François Hollande, 15 janvier 2013).

D'après le Dr Folamour (montage Yéti)<< Punir >>, << détruire >>… Avouez qu’on n’est pas loin, là, de rejoindre les voies déjantées tracées par le « Dr Folamour » de ce cher Stanley Kubrick.

Car on n’aurait tort d’attribuer à la seule raison (d’État), fût-elle la défense prosaïque d’intérêts bien compris, ces folles fuites en avant guerrières qui ponctuent trop souvent nos crises systémiques. En 2013, le président François Hollande a réussi le tour de force d’être la pathétique incarnation de ces dérives schizophrènes à haute teneur suicidaire.

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Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation.