Une ligne de conduite politique claire pour les prochaines municipales

Eh oui, ça décoiffe, n’est-ce pas, ce résultat d’élection cantonale partielle à Brignoles (Var) :  l’extrême-droite à près de 50 % (en additionnant les deux listes FN + dissident), la gauche dans les choux. Jusqu’à la droite UMP qui s’en sort endolorie. Et si, plutôt que de nous morfondre, nous cherchions à en tirer une ligne de conduite politique claire pour les prochaines municipales ?

Une offre politique décourageante

Trois leçons à tirer de l’élection de Brignoles :

  • tout le monde a perdu, y compris le FN en nombre de voix par rapport aux scrutins précédents ;

  • l’alliance contre nature entre vraie gauche et sociale-démocratie morveuse ne paie pas du tout ou se paie cash, c’est selon (à Brignoles, le PS soutenait le candidat communiste) ;

  • l’éventail de l’offre politique actuelle gonfle sérieusement, les citoyens-lambda au point de les conduire massivement vers l’abstention

Deux considérations, maintenant, sur les prochaines municipales, élections éminemment politiques, plutôt qu’obéissant à des préoccupations exclusivement locales comme cherchent à nous le faire accroire les politiciens quand ils se sentent un peu merdeux sur les bords :

  • ce sont les élus locaux qui votent pour les sénatoriales et conditionnent la composition de la vieille chambre ;

  • l’importance du réseau d’élus locaux garantit en grande partie la santé financière, voire la survie des partis politiques nationaux ; il suffit de constater avec quelle fébrilité le PCF cherche à sauver son dernier quarteron d’élus pour s’en persuader.

Une élection municipale est politique

Sachant que rajeunir la vieille chambre sénatoriale peut être un objectif louable, que voter uniquement pour choisir celui qui mariera vos mômes ou se prendra le chou avec les associations de commerçants est d’intérêt citoyen secondaire, et qu’il n’est nulle raison de financer des partis qui vous sortent par le nez, la ligne de conduite qui découle de toutes ces conclusions est aisée à tirer :

  • je ne voterai que pour des raisons politiques et pour un liste exclusivement issue d’un mouvement présentant une offre politique générale acceptable ;

  • je ne voterai en aucun cas pour une liste d’alliance contre nature avec les margoulins malfaisants qui sont en train de mener le pays à la catastrophe ;

  • je ne voterai en aucun cas — en AUCUN cas ! — par défaut pour une liste quelle qu’elle soit, au seul prétexte piteux d’en éviter une autre.

Le moins pire du pire conduit au pire

Que les prêchi-prêcheurs en démocratie nous épargnent leur évangile sur le devoir religieux du vote :

Le coup du « vote utile », du « front républicain », basta, on nous l’a déjà fait. C’est terminé ! Ce ne sont pas les abstentionnistes qui font le lit des obscures forces régressives, c’est l’insigne médiocrité et les petites combines tordues des candidats politiques. C’est le choix réduit à n’opter que pour le moins pire du pire qui conduit assurément au pire.

Si aucune force politique n’est aujourd’hui capable d’offrir une alternative citoyenne potable à ce pays en pleine dégénérescence morale, eh bien tant pis, nous affronterons notre sale destin sans plus attendre. Et chacun devra assumer toutes ses responsabilités.

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Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation.