Pandémie : les banques chinoises frappées par la grippe espagnole

Comme en Espagne ! Selon Bloomberg, la Banque populaire de Chine a dû intervenir en urgence jeudi pour sauver des banques chinoises du défaut de paiement en injectant 50 milliards de yuans (8,2 milliards d’euros) dans le corps malade. Et enrayer une brusque montée de fièvre des taux monétaires.

Comme en Espagne, les autorités tant politiques que financières ont furieusement nié les agissements auxquels elles étaient contraintes de procéder. Dans une langue de bois fleurie tout droit sortie de la naphtaline Mao, comme cette déclaration d’un certain Hong Hao, « stratège » à la Bank of Communications Co :

<< Le soutien financier était une mesure ciblée de liquidité. >>

La fébrilité des communiqués en rafale de la Banque populaire de Chine, avec ses termes évocateurs (<< capital default >>, en clair un risque de faillite) ne pouvait pourtant masquer l’extrême gravité de la situation.

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Capture d’écran du microblog de la Banque de Chine (source : Bloomberg)

Un morne et répétitif cycle autodestructif

On passera rapidement sur le morne et répétitif cycle autodestructif qui mine le système financier chinois, comme il a miné ceux de l’Union européenne, des États-Unis ou encore du Japon.

  • des banques en surchauffe rongées par des actifs toxiques à mort, qui se replient sur elle-mêmes et ne se prêtent plus entre elles ;

  • une économie asphyxiée par la paralysie d’un crédit hypertrophié et le ralentissement du commerce international ;

  • des bulles systémiques en voici en voilà qui ne demandent qu’à exploser, comme la bulle immobilière, particulièrement ravageuse ces temps-ci en Chine (cf. l’article — crypté — de Martine Orange sur Mediapart à ce sujet).

Avec la faillite en cours de l’organisation bancaire chinoise, c’est un nouveau pan — et quel ! — du système mondialisé qui est à son tour en train de s’effondrer. Avec un petit bémol à la clé : contrairement à leurs homologues des autres citadelles menacées, le gouvernement chinois, en dehors de la petite entorse << ciblée >> évoquée ci-dessus, refuse de desserrer les cordons de la planche-à-billets.

<< Au lieu de cela, la banque populaire de Chine a recommandé une complète mise en œuvre de la campagne de « nouvelle ligne d’éducation des masses » lancée cette semaine par le président Xi Jinping >> (Financial Times).

Décidément, on ne se refait pas au pays de la Révolution culturelle.

Rechute du côté des banques mondiales

Ceci dit, les autorités financières chinoises ont de quoi être échaudées par les désillusions de leurs homologues étrangers. Car la santé ne va pas bien fort, en ce moment, du côté des banques mondiales, tant privées que centrales. La rechute est même carabinée :

  • la Réserve fédérale américaine de Bernanke vient de semer la panique dans les marchés boursiers en annonçant la fin programmée du Veau d’or << illimité >> (85 milliards de dollars Monopoly injectés chaque mois pour tenir vainement la tête du circuit hors du bourbier) ;

C’est comme ça, quand ça veut pas, ça veut pas, y a rien à faire ! Tiens, pour vous changer les idées et surtout vous faciliter le deuil du monde d’avant, je vous suggère la (re)lecture de la préface visionnaire qu’écrivit Victor Hugo à son Ruy Blas : << Au moment où une monarchie va s’écrouler >>.

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Un voyageur à domicile en quête d'une nouvelle civilisation.