Panique : la ruée vers l’or à prix d’ami

Eh oui, forcément, pendant que les gogos continuent bêtement de nier la réalité de la maladie et à ingurgiter sans piper les amères potions, les charlatans, eux, prennent leurs précautions. En ce moment, c’est ruée vers l’or à bride abattue. Surtout en Asie. D’autant que le prix du métal — enfin, son équivalent papier — est toujours au plus bas.

Evolution cours de l'or (source : Boursorama 24 mai 2013).jpg
Marché à terme de l’or 24 mai 2013

Évolution « contre toute vraisemblance apparente », car la demande du précieux métal explose littéralement. Et pas seulement aux États-Unis ou dans son satellite européen. Ou encore au Japon où la politique monétaire expansionniste de la BoJ (banque centrale japonaise) laisse les investisseurs très dubitatifs.

Mais aussi et surtout en Chine, en Inde ou même en Australie où la vente de pièces d’or a augmenté de 50% dans les trois derniers mois. Ce qui, soit dit en passant, en dit long sur l’état de confiance délabré de « l’épargnant » planétaire.

Le prix  bas du métal y est sans doute pour beaucoup, mais pas seulement. Car la forte hausse de la demande devrait logiquement (la fameuse loi du marché sur l’offre et la demande) faire remonter les cours. Il n’en est rien.

Les « spécialistes » de forums vous inonderont d’équations, de variables et de formules fumeuses pour nier le désastre. Il est (psychologiquement) indispensable pour eux de continuer à présenter le système, même en charpie, comme manipulateur et indestructible.

Les adorateurs du papier

La réalité, comme d’habitude beaucoup plus simple, est que par-delà la quête effrénée du moindre petit bijou contenant un soupçon de vrai or, bagues, boucles d’oreille, chaînes (je n’exagère pas), il y a le commerce stupidissime de l’or-papier. Vous achetez un papier sur lequel est écrit le mot « or » avec une quantité en-dessous et vous vous croyez bêtement à l’abri de tout cataclysme.

Le problème est que ces idiots n’ont bien sûr pas pu s’empêcher d’émettre infiniment plus de papiers qu’il n’existe de réserves d’or, même fantasmées. Or désormais, le prix de l’or-papier prime manifestement sur celui du métal lui-même. Qui par ailleurs manque cruellement pour éteindre la panique des thésaurisateurs en folie.

Nos Diafoirus pourront toujours continuer à beugler leurs formules absconses sur le machiavélisme triomphant des grands argentiers (que possède Goldman Sachs sinon des papiers ?), leurs rares moments de lucidité (le krach de l’or de la mi-avril) se révèlent cuisants. Et c’est ainsi qu’un produit rare, sinon introuvable, en vient aujourd’hui à être soldé à prix d’ami.

Les sociétés faisant commerce de ces papelards se retrouvent, elles, en situation fort délicate (le « Shanghai Gold Exchange »), quand elles ne font pas carrément défaut (la HKMEx de Hong-Kong la semaine dernière), incapables de fournir l’or ou l’argent promis à leurs clients sur un papier qui ne vaut plus tripette.

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