Politique : entrée dans la zone des turbulences

Qu’est-ce que vous imaginiez ? Que l’on allait passer en douceur d’une « Grande perdition » patente depuis 2008 à une « Grande mutation » encore balbutiante ? La vérité est que nous n’allons pas couper à une période transitoire de sévères turbulences et que nous y sommes même déjà entrés de plein pied. Accrochez-vous, ça va secouer.

Les slips de l’ancien régime

Passons en revue le vaisseau en perdition de l’ancien régime. Pris de panique, dépassé, voilà que l’équipage se met en slip pour exhiber qui, ses attributs, qui les parties encore acceptables de son patrimoine. Ceux-là croient-ils vraiment que cet accoutrement de pantalonnade va leur permettre de mieux flotter ?

Leur naufrage tourne au grotesque. Après la déroute économique et financière, voici la débandade politique et morale. Écoutez-les, toutes sirènes médiatiques hurlantes, brailler au populisme, hurler à la louve Le Pen pour essayer d’enrayer la dénonciation de leurs exactions et de leurs impuissances.

Regardez cet ancien paysan faucheur cabochard, devenu député européen à costume empesé, se mettre à oublier sur les ondes ses gaz de schiste, ses OGM, son purin d’ortie, pour s’en prendre stupidement à un autre leader de gauche qui lui fait de l’ombre.

Voyez cet ex-pétillant détonateur du printemps soixante-huitard entonner son psaume à une << utopie plausible >> ayant comme seule ambition de sauver une place au sein du G8 et d’une Europe technocratique en diable. Pour échapper — c’est feu notre « révolutionnaire » qui le dit — à la misérable destinée du riquiqui Luxembourg (un paradis fiscal !).

Rupture

Ah oui, cours camarade, le vieux monde est décidément derrière toi ! L’ex-paysan cabochard et le révolutionnaire pré-retraité, eux, se sont juste gourés de direction en chemin.

Alors, « tous pourris » (le dernier épouvantail favori du microcosme, ndlr) ? Bien sûr que non ! Mais bien aveugles ceux qui s’accrochent encore à ce lamentable rafiot, bien crédules ceux qui pensent le garder à flot en s’en remettant à son vaudevillesque attelage. Taubira, Filoche, quittez cette pétaudière, je vous en prie !

Le << coup de balai >> de plus en plus souvent invoqué par quelques vigies avisés tient désormais de l »euphémisme de bienséance. Les citoyens résolus ne peuvent plus désormais compter que sur eux-mêmes. La Révolution française n’a pas composé avec la monarchie déliquescente. Elle l’a virée ! C’est vers une rupture résolue que nous nous précipitons.

Avec une longue et inévitable traversée de turbulences bardées d’incertitudes et de très graves périls. Car toute société malade sécrète ses propres crispations maladives.

Sacrés grains en vue

Ainsi de ses intolérables ligues de vertus faisandées dont le tort n’est pas d’exister, mais de vouloir contaminer tout le reste du corps social.

Dites-nous en quoi l’activisme chrétien énervé d’une Christine Boutin ou d’une Frigide Barjot contre un mariage pour tous qui ne les concerne directement en rien diffère de l’islamisme forcené ? Pour un peu, elles nous voileraient les homos, celles-là !

Expliquez-nous comment la fixette obsessionnelle d’un Valls (ou d’un Guéant) contre une poignée de malheureux Roms inoffensifs peut relever d’un équilibre psychique apaisé ?

Va falloir nous y faire, camarades, nous allons traverser de sacrés grains. Mais rien qui ne soit pire que de s’agripper au système déglingué qui les a engendrés. À cette coque délabrée en train d’entrainer tout le monde par le fond, avec sa triste galerie de personnages à la dérive.

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Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation.