Grille d’évaluation des résultats aux européennes selon Jacques Sapir… et le Yéti

Grille d’évaluation des résultats aux européennes selon Jacques Sapir… et le Yéti

Jacques Sapir vient de donner une excellente grille d’évaluation des résultats possibles entre les différentes listes lors des  européennes de dimanche. J’y ajoute en fin de citation un élément complémentaire concernant l’évaluation du taux d’abstention.

LREM-MODEM/Renaissance
– Seconde position = échec. Corrélativement, avec 23% au moins des suffrages et première place = succès.
– Idem couplé avec moins de 21% des suffrages : déroute.
– Idem avec moins de 20% de suffrages : désastre.
Pour LREM, l’enjeu est directement dans la comparaison avec le RN, du fait d’ailleurs des prises de position du Président de la République. Mais si le score tombait sous les 21%, les conséquences pourraient être lourdes pour les élections municipales et l’enracinement futur de cette formation. Il faut donc deux critères pour juger d’un échec ou d’un succès.

Rassemblement national
– Première position = succès mitigé.
– Première position et + de 24% des suffrages = succès réel.
– Seconde position = échec
– Seconde position et – de 21% des suffrages = déroute.
Le RN ne doit pas seulement arriver en tête pour connaître un succès, mais encore retrouver son étiage de 2014 pour pouvoir prétendre à un véritable succès et estimer que le souvenir de la mauvaise prestation de Marine le Pen lors du débat d’entre les deux tours de la présidentielle est effacé.

Les Républicains
– Au dessus de 15% = succès.
– Moins de 13% = échec.
Pour la liste de Bellamy, le problème est de savoir s’il est capable de retrouver une forme de dynamique après l’échec de 2017 et les déchirements entre « Macron-compatibles » et le reste des républicains. C’est pourquoi, on suivra de près le score réalisé au soir du 26 mai.

France insoumise
– Au dessus de 15% = succès.
– Au dessus de 12% = succès relatif
– Moins de 10% = échec grave
LFI aborde ces élections en position de faiblesse, tant du fait du type de scrutin, que des déchirements internes que cette formation a connus.
Un succès (+15%) validerait pour un temps la stratégie de ces derniers mois et stabiliserait la situation.
Un échec grave (-10%) impliquerait une remise en cause sérieuse de la stratégie. Il signerait l’échec total de la logique de « rassemblement des gauches » qui prévaut depuis l’été 2018. De fait, LFI serait obligée, sous peine de s’étioler et d’ouvrir la porte à de nouvelles formations, d’analyser sérieusement cet échec et de repenser sa stratégie, à l’aune de ce qu’elle fut en 2017.
Un score entre 12% et 14% n’impliquerait rien au niveau de la stratégie, mais simplement un succès de la tête de liste (Marion Aubry).

Europe écologie/Les Verts
– Au dessus de 8% = succès
– Au-dessous de 7% = échec

Partie socialiste/Place Publique
– Au-dessus de 6% = succès relatif
– Moins de 5% = échec grave.

Générations
– Au-dessus de 5% = succès.
– Moins de 4% = échec grave.
Si la liste de Benoît Hamon devait faire moins de 4%, la survie du mouvement serait mise en question.

Parti communiste français
– Au dessus de 4% = succès.
– En dessous de 3% = échec.

Debout la France
– Au-dessus de 5% = succès.
– Moins de 4% = échec grave.
L’incapacité de DLF de franchir le seuil de 5%, surtout si les Patriotes et/ou l’UPR faisaient plus de 3% mettrait en cause la survie du mouvement.

UPR
– Plus de 3% = succès notable
– Entre 2% et 3% = succès relatif
– Moins de 2% = échec grave

Les Patriotes-Gilets Jaunes
– Plus de 3% = succès
– Moins de 2% = échec grave

Ajout : les critères d’évaluation du taux d’abstention (selon Le Yéti)

– Plus de 57% d’abstention (rappel taux d’abstention aux européennes de 2014 : 57,57%) = échec grave de l’appel à la mobilisation par les différents formations politiques existantes.
– Entre 52 et 57% d’abstention : succès mi-figue/échec mi-raisin.
– Moins de 52% d’abstention : succès notable.
Une augmentation du taux d’abstention par rapport aux européennes de 2014 sanctionnerait gravement et durablement la représentativité des différentes formations politiques œuvrant aujourd’hui dans le cadre de la 5ème République.
Elle relativiserait grandement la grille d’évaluation établie par Jacques Sapir pour le résultat en votes exprimés de ce scrutin.

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.