Le mouvement des Gilets jaunes s’inscrit dans le cadre de la désintégration de l’empire occidental

Le mouvement des Gilets jaunes s’inscrit dans le cadre de la désintégration de l’empire occidental

On ne peut comprendre le mouvement des Gilets jaunes si on ne l’inscrit pas dans le cadre de la désintégration de l’empire occidental capitaliste à dominante US.

Le début de cette lente désintégration ne date pas d’hier. On peut le dater, je pense, de la crise pétrolière de 1974. Dès les années 80, pressentant la fin de la révolution industrielle, l’oligarchie capitaliste a entamé une fuite en avant dans la financiarisation de l’économie. Mais la révolution financière a mordu la poussière en 2008 avec l’explosion de la bulle des subprimes.

En réalité, l’oligarchie capitaliste ne s’est jamais vraiment remise de ce coup d’arrêt et ne vit plus depuis que d’expédients et de faux semblants. Elle s’est recroquevillée sur elle-même en un clan à tendance mafieuse qui se contente de ronger ce qui reste de chair pourrie (les dividendes) sur les os de son empire finissant, sans même plus se préoccuper de le faire revivre.

Plus de croissance, une économie réelle en perdition, des services publiques en déshérence, plus rien que des dividendes, des produits dérivés totalement improductifs, des « économies » sur des « coûts de production » (les êtres humains) pour dépouiller un peu plus la bête au profit de quelques « profiteurs » d’une guerre irrémédiablement perdue.

Ces dernières années, l’empire occidental a vu céder ses bastions extérieurs, au Moyen-Orient et dans toute l’Eurasie notamment. Mais désormais, c’est de l’intérieur qu’il est rongé. Incapable de tenir ses propres citadelles : l’Ukraine, le Venezuela, mais aussi l’Argentine où le pion Macri désintègre son pays aussi sûrement que l’empire a désintégré la Libye, l’Irak, l’Afghanistan… le Brésil où le pion Bolsonaro n’a même pas tenu six mois sans que des manifestations de masse ne viennent réclamer son départ…

Comprendre et ne pas oublier le contexte et les articulations internationales d’un combat national

Le mouvement des Gilets jaunes s’inscrit dans ce lent processus de désintégration. Il en représente le volet social, celui où des « sujets » de l’empire, excédés de se faire tondre la laine sur le dos par une oligarchie sans scrupule, se révoltent. Si d’autres peuples participent chacun à leur façon à cette destruction intérieure de l’empire (les populismes de droite italiens, hongrois, l’indépendantisme catalan…), la France, pays de culture égalitaire, ayant une longue tradition historique de révoltes sociales, sinon de révolutions, intervient à sa manière originale : c’est le soulèvement des Gilets jaunes.

Dans ce long processus de désintégration, bien loin d’être achevé à l’heure qu’il est, chacun « fait son job » à  l’intérieur de son espace géographique, selon ses traditions et sa culture. Les Gilets jaunes font le leur à l’intérieur de l’espace national français. Leur objectif est désormais clair : le renvoi du pion Macron, dernier représentant politique de l’oligarchie, et plus généralement la fin d’une 5ème République corrompue.

Mais il est important que les Gilets jaunes comprennent bien et n’oublient pas le contexte et les articulations politiques internationales dans lequel s’inscrit leur lutte nationale : la désintégration d’un empire malfaisant, étouffant, qui a dominé la planète plusieurs décennies durant, jusqu’à en menacer aujourd’hui la survie.

=> Photo : manifestation de soutien aux Gilets jaunes par des partisans du sénateur Bernie Sanders le 23 décembre 2018.

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.