Message à Juan Branco et à mes amis Gilets jaunes : ne discutez plus avec vos ennemis

Message à Juan Branco et à mes amis Gilets jaunes : ne discutez plus avec vos ennemis

Dans un tweet du 10 mai, Juan Branco, auteur de Crépuscule, fait état de sa lassitude face à la violence dont il est l’objet depuis la sortie de son livre.

Crépuscule a mis a nu les rouages mafieux d’un État privatisé par quelques oligarques avec l’aide d’une clique médiatique à leur solde. Au bout de six semaines de vente, malgré un accueil lourdement muet sinon carrément agressif de la clique, Crépuscule est toujours en tête des ventes de livres dans la catégorie Essais/documents.

Le seul tort – péché de jeunesse – de Juan Branco fut à mon avis d’engager la discussion avec ceux qu’il venait de déboulonner, d’attendre d’eux qu’ils rendent les armes et, plus insensé encore, qu’ils se rendent à ses arguments en recensant l’ouvrage qui les assassinait. Mission impossible : un ennemi acculé finit toujours par mordre. Et la clique mordit ou fit mordre ses chiens. Le livre de Juan Branco fait très bien son job de destruction en lieu et place de son auteur. Juan Branco peut se féliciter de son joli coup et s’accorder un temps de repos pour récupérer, laissant les chiens hurler.

On ne discute pas avec un ennemi, on le combat jusqu’à ce qu’il tombe

Lorsque dans un conflit la rupture est consommée avec le camp adverse, l’adversaire devient un ennemi. Or on ne discute pas avec un ennemi, on le combat jusqu’à ce qu’il tombe. En ce qui me concerne, les braillards qui viennent cracher sur mon fil Twitter ou pisser sur mon mur Facebook sont dégagés aussi sec.

Cette leçon pose aussi le problème de la participation des Gilets jaunes à des émissions organisées, contrôlées, verrouillées par la clique médiatique. Ce qui valait au début, quand nos ennemis n’étaient encore que des adversaires interloqués par un mouvement GJ auxquels ils ne comprenaient rien, ne vaut plus aujourd’hui. Ce que réussissaient au début un François Boulo, une Priscillia Ludosky ou un Jérôme Rodrigues sur les plateaux de BFMTV, LCI ou CNews n’est plus possible désormais. La clique des Praud, Truchot et consorts a compris le danger, bien décidée à l’éradiquer coûte que coûte.

On ne combat pas sur un champ de bataille aux mains de l’ennemi, on le combat en choisissant son propre terrain. Ce terrain existe. Les réseaux sociaux ont prouvé leur redoutable efficacité. De nouveaux médias permettent aux Gilets jaunes de s’exprimer et de communiquer entre eux : Sud Radio, Le Média, Brut… Et il existe d’autres moyens de toucher le grand public en se passant des médias de propagande : en réinvestissant les ronds-points, en poursuivant le travail de sape des actes hebdomadaires et des ultimatums mensuels. Il existe des plateformes pour s’organiser et poursuivre le combat en choisissant nos armes : la Ligne jaune, par exemple.

Quand le temps sera venu de retourner sur les plateaux télé, ce sera pour les occuper et en chasser la clique des malfaisants.

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.