Et si nous, citoyens, régulions nous-mêmes nos banques ?

Reguler_les_banques.png

Puisque les pouvoirs publics ne s’y décident pas et n’ont manifestement pas envie de le faire, puisque le ministre sous influence Moscovici a cru bon de ne convenir que d’une régulation d’opérette, pourquoi les citoyens ne se chargeraient-ils pas eux-mêmes de réguler ces fichues banques ?

Il n’en manquera pas qui évoqueront le précédent pschitt de l’affaire Cantona en décembre 2010. Certes, l’affaire n’était pas particulièrement bien menée, plus médiatique et spectaculaire que réellement construite. Elle n’en révéla pas moins la faiblesse de nos citadelles financières à travers la peur panique qui les ébranla sur l’instant.

Cher lecteur qui, malgré le mal que tu penses toi aussi de ces repaires de mafieux, leur confie toujours tes quelques sous, essayons de voir ensemble, s’il te plaît, de quelle manière simple, légale, sécurisée et sans douleur, nous pourrions tenter de les mettre au pas.

Tout en appuyant ceux qui réclament une scission des activités bancaires ou une interdiction des opérations financières prédatrices (les paris spéculatifs sur les variations de prix), choisissons nous-mêmes, sans attendre le bon vouloir d’un Moscovici, notre ou nos deux/trois banques de référence, déposons y nos sous, et faisons-le savoir.

1. Choisir ensemble notre banque de référence

D’intéressantes études sur le travail et les implications des banques permettent de distinguer celles qui demeurent les plus attachées au principe d’une économie vraiment sociale et solidaire. Trois banques se distinguent nettement des autres, je les cite à titre de suggestion :

  • La NEF (Nouvelle économie fraternelle), pour les placements à terme seulement ;
  • Le Crédit coopératif, membre du groupe BPCE (Banques populaires Caisses d’épargne), mais indépendante en matière d’investissement ;
  • La Banque postale, malgré une filiale au Luxembourg pour son assurance-vie.

Écartons sans ménagement celles qui sont impliquées à mort dans les paradis fiscaux et les opérations douteuses (pour les noms, suivez mon regard).

Banques françaises impliquées dans les paradis fiscaux (source : "Alternatives économiques")Banques françaises impliquées dans les paradis fiscaux
(Source : « Alternatives économiques »)

2. Virer ses comptes à vue et à terme tout en les sécurisant

La seconde étape tombe sous le sens : virer ses comptes, à vue et à terme, vers l’élue de ses intérêts bien compris. Beaucoup plus simple, légal et sans douleur que de débarquer comme des sauvages avec des banderoles outragées aux guichets des condamnées en leur réclamant l’oseille en liquide.

S’opérerait ainsi de facto et progressivement la fameuse séparation entre banques de dépôts (nos élues, même imparfaites) et les autres à qui il ne resterait bientôt, espérons-le, que la paperasse de leurs actifs toxiques pour sécher leurs larmes de crocodiles.

Autre bénéfice de l’opération : sécuriser un peu plus ses petites économies, en les plaçant dans des coffres bien plus à l’abri par les temps qui courent que ceux des officines présentées comme à risque systémique par leurs propres pairs.

3. Le faire savoir

Épargne-moi, cher lecteur, tes objections sur les quelques à-côté troublants des banques retenues. Nul n’est parfait en ce bas monde, n’existe que le mieux possible. Et ce n’est pas demain la veille que nos autorités politiques actuelles créeront le pôle public de dépôt bancaire cher à mon petit programme. On fait avec ce qu’on a. !

N’y va pas de tes sarcasmes sur mes lubies fumeuses concernant le fameux risque systémique. Sur ce coup, je serais plutôt enclin à adopter le principe de précaution cher au philosophe Pascal qui n’avait aucun moyen de démontrer l’existence de Dieu, mais qui préférait y croire, ne voyant nulle objection à ne pas le faire, et surtout tout à y gagner.

Ne te sens pas obligé non plus de semer le doute sur les chances de réussite publique de ma petite initiative. Le succès publique d’une telle opération tient d’abord à l’initiative individuelle prise par chacun d’entre nous d’y participer. Pour moi, c’est déjà fait. Tu vois de ton côté.

Cette réussite tient ensuite à la capacité de chaque citoyen de le faire savoir à ses voisins. Ce que j’essaie de faire actuellement avec toi. Et que tu peux répercuter de bouche à oreille, en passant par les réseaux sociaux à ta disposition, en usant du droit de pétition… Une campagne citoyenne « Régulons les banques nous-mêmes ! », ça aurait de la gueule, non ?

Eh bien, figure-toi que je viens de créer à l’attention de tous :

 

A propos de Pierrick Tillet 3745 Articles
Un voyageur à domicile en quête d'une nouvelle civilisation.