Sauvons la ZAD (zone à défendre) de Chauffaille en Limousin !

Sauvons la ZAD (zone à défendre) de Chauffaille en Limousin !

Résumé des chapitres précédents. Un capitaliste sans capitaux souhaite construire un gigantesque parc d’attraction sur le thème de la musique. La construction se ferait sur un domaine agricole et forestier dans un site remarquable – paysages magnifiques – hébergeant des espèces protégées.

Dans le trou du cul du Limousin dépeuplé, à 450 km de la région parisienne et 250 km de Toulouse, ce qui n’est pas la garantie d’un grand succès. Malgré l’argent public investi par des zélus locaux si faciles à couillonner du moment qu’on leur promet des zemplois. Si c’était un échec, comme Mirapolis à 30 km de Paris, le joyeux contribuable passerait une deuxième fois à la caisse pour casser et déblayer le béton. Comme pour Mirapolis.

Mais on ne referait pas un paysage dévasté, on ne replanterait pas des arbres centenaires, on ne referait pas le tracé naturel de la rivière et on ne reverrait pas le campagnol amphibie, notre mascotte, que Chauffaille héberge tout comme Notre-Dame-des-Landes. Notre campagnol demande le jumelage de Chauffaille avec Notre-Dame-des-Landes…

De valeureux objecteurs de croissance doutent très fort de la religion professée par des zélus locaux. Et dégainent leur artillerie.


« Pour montrer notre opposition absolue au projet de parc de loisir à Chauffaille de Coussac-Bonneval nous ferons au mois de mai un jeûne public du vendredi 17 au matin au lundi 20 au matin.

Le jeûne (abstinence de toute nourriture pour un temps déterminé) est une manière non-violente (la seule violence est exercée sur soi) de montrer sa détermination et s’engager dans une telle action ne peut être que mûrement réfléchi ; on ne le fait pas pour un oui pour un non mais pour quelque chose qu’on juge essentiel et sans compromission possible.

C’est ici le cas. Nous pensons que l’aboutissement de ce projet serait en tout, quelles qu’en soient les modalités ou aménagements, une catastrophe irrémédiable pour le site de Chauffaille et tous ses alentours, proches ou lointains. (Qu’ils le sachent bien, les habitants de Saint-Julien, Lubersac, Montgibaud, Meuzac seraient tout autant – si ce n’est plus – concernés que ceux de Coussac ; mais, de toute façon, cela concerne tout le monde, ici ou ailleurs.

Nous invitons les gens à y réfléchir sérieusement tant qu’il en est temps, à venir discuter avec nous pendant ces trois jours (ceux qui ont menacé de nous tuer sont dispensés de visite), nos amis et toutes personnes convaincues à venir nous soutenir, soit par leur présence un moment, soit par un jeûne d’accompagnement d’un jour (ou plus ! nous ne tenons pas à l’exclusivité de ce geste) ; on peut rester tard dans la nuit, venir tôt le matin. Il faut qu’à l’issue de ces trois jours, les promoteurs de ce projet et leurs soutiens politiques sachent qu’une réelle opposition existe et qu’elle n’abdiquera pas.

Nous serons à Coussac dans la cour de la gare, gare fermée depuis longtemps que j’ai assidument fréquentée durant cinquante ans. La nuit, des lanternes indiqueront en ce lieu notre présence active et pacifique.

Le samedi, une marche symbolique partant à 15 heures de l’esplanade du château de Bonneval nous mènera jusqu’à celui de Chauffaille. C’est à peu près sept kilomètres aller-retour.

Nous demandons à chacun de mesurer l’enjeu de cette action et de diffuser cette information le plus largement possible. »

=> Source : Jan dau Melhau et Brigitte Fleygnac, page manuscrite photocopiée.

ZAD DE CHAUFFAILLE

1. Un parc d’abomination à Chauffaille, Coussac-Bonneval en Limousin.
2. Zizic’ Land à Chauffaille ? Non, non et non !


« Vint le temps que les gens eurent honte / Ils eurent honte de ce qu’ils étaient / Ce qui les avait faits ce qu’ils étaient, il en eurent honte […] Maudit soit le temps que les gens eurent honte / Et maudits soient les gens du temps de la honte. » Jan dau Melhau, en compagnie de Bernart Combi, chante « L’eschantit » (Le feu follet) suivi de « Vergonha » (Honte), extrait de « Lo diable es jos la pòrta, planhespingadis per un pais voíde », (Le diable est sous la porte, plainte à danser pour un pays vide). Une œuvre majeure, déploration de la mort d’une langue, l’occitan, et déploration de la disparition d’une civilisation paysanne multi-millénaire.

Un citoyen ordinaire à la rencontre des personnes cabossées par la vie.