Un parc d’abomination à Chauffaille, Coussac-Bonneval en Limousin

Un parc d’abomination à Chauffaille, Coussac-Bonneval en Limousin

Toi, lectrice assidue de Reporterre, ou toi, lecteur régulier de Bastamag, tu pensais connaître la liste exhaustive des grands projets inutiles. Tu as dans un coin de la tête une carte de France avec des punaises harmonieusement réparties sur tout le territoire. Avec des encarts à la place de la Grande-Bretagne pour la Guyane et sa montagne d’or ou bien la Réunion et son autoroute sur béquilles. Pas une contrée à qui on va épargner les bienfaits de la civilisation du béton goudron !

Capitaliste cherche désespérément capital

Partageux est au regret de devoir compléter ta collec’ de conneries king size. Il n’est pas nouveau mais faut bien dire que pas grand monde n’accordait de crédit à ce fumeux projet de parc d’attraction. Dans le trou du cul d’une campagne limousine dépeuplée. Très loin des grandes villes et des hordes de consommateurs éventuels. Poussé par un promoteur sans le sou au regard de ses prétentions.

La pompe à phynances qu’il ne parvient pas à amorcer, c’est la première chose que tu remarques quand, alerté par un copain, tu te mets à fouiner sur la toile. La « recherche de partenaires » c’est le sujet qui traverse tous les articles de la presse régionale comme nationale. Depuis 2014 notre promoteur cherche pécunes pour démarrer.

Et voilà que notre promoteur – esbroufe ou réalité ? – prétend qu’il aurait enfin trouvé les picaillons. Que les travaux vont bientôt commencer. Et qu’il va ouvrir dès juin 2021. Il aurait trouvé des zinvestisseurs belges et allemands à couillonner. Faut dire que côté français, nos professeurs en investissement-et-rentabilité ont déjà été étrillés sévère avec Mirapolis, la Toison d’or et autres Big Bang Schtroumpf qui ont coûté la peau des roubignolles avant faillite.

Mégalofolia

Le futur parc d’attraction se nomme Melofolia. Il sera consacré à la musique et son exécution. Une exécution capitale. Va regarder la vidéo de présentation icitte. Passe sur l’esthétique – le goût de chiottes n’empêche pas Disney de plumer hardiment la volaille – et médite un instant. Deux-cent-soixante-et-une [voui ! 261] vues depuis le 20 novembre 2018 quand je l’ai regardée le 8 mai. Pour un parc de cent-quarante hectares sensé attirer le touriste par telles bordées que faut une quatre-voies pour le relier à l’autoroute, tu trouves pas que c’est un peu maigrichon ? Ça sent le sapin avant même la naissance…

Bon, ça va mal finir. Comme Mirapolis et comparses. Si toutefois ça commence.

Mais on préfèrerait que ça ne commence jamais. Qu’on ne bétonne pas. Qu’on ne goudronne pas. Qu’on ne bulldozerise pas. Qu’on n’arrache pas les arbres. Qu’on ne recalibre pas la rivière. Et qu’on installe des agriculteurs.

Une vidéo de présentation du domaine de Chauffaille sur la commune de Coussac-Bonneval. Là où on doit construire le parc. On n’y voit que trop peu les bois de chênes, gras comme moines en couvent, les superbes vallons et les terres agricoles de ce magnifique coin de Haute-Vienne aux limites de la Corrèze et de la Dordogne.

Le mauvais œil du campagnol

Ah ! Un dernier détail ! Je t’ai dégotté – merci Internet – une brève vidéo d’un locataire du domaine de Chauffaille. Un campagnol amphibie. Cette petite bête rare est une espèce protégée.

– Partageux, les espèces protégées, si tu ne sais pas à quel point Macron et son monde…
– Te souviens-tu que le campagnol amphibie est l’une des espèces protégées de… Notre-Dame-des-Landes ?

Un citoyen ordinaire à la rencontre des personnes cabossées par la vie.