Le 30 septembre, j’irai manifester (mais je me fiche du TSCG)

Paraît que ça ne se présente pas trop mal, cette manifestation du 30 septembre à Paris contre le Traité européen de stabilité (TSCG) que nos chers élus de gauche molle cherchent à nous faire avaler, avec l’aide de la droite. Je vais secouer ma carcasse et m’y rendre. Même si l’adoption ou non de ce TSCG, dans le contexte de dissolution actuelle, m’indiffère un peu, avouons-le.

Les raisons d’une indifférence

Pourquoi une telle indifférence ? Plusieurs raisons :

  • le TSCG prescrit une limite de déficit budgétaire à ne pas dépasser (3%)… la même que dans les traités précédents et qu’aucun pays de l’UE ne peut respecter depuis des années ;

  • le TSCG prétend, la bonne blague, faire payer des amendes conséquentes à des pays déjà en défaut de paiement et incapables d’honorer leurs échéances sans s’endetter encore plus ;

  • le TSCG va faire exploser l’UE en contraignant les pays encore un peu vaillants (l’Allemagne, les pays du nord de l’Europe) à ne plus aider les fauchés du sud sous peine de voir leurs propres déficits exploser… et de devoir payer eux mêmes les infamantes amendes.

Le problème, c’est l’institution politique

Bref, une gesticulation minable de plus de nos élus malmenés. Qu’y a-t-il encore à attendre d’un pouvoir déjà à la dérive au bout d’un trimestre d’exercice ? Qu’il revienne sur sa décision de nous refourguer à tout prix son TSCG made in Sarkozy/Merkel ? Qu’il se décide enfin à organiser un référendum sur la question ? Allons, allons, soyons sérieux.

Mais, essaiera-t-on de me convaincre, c’est plus grave que ça : le TSCG remet entièrement le sort des pays entre les mains d’instances européennes élues par personne.

Et alors ? Qui aujourd’hui mène déjà les pays membres de l’UE à la baguette, sinon la tristement fameuse Troïka (Commission européenne, BCE, FMI) ? Qui mène déjà le monde à la baguette sinon les voyous de la finance mondialisée ? La classe politique au pouvoir, elle, a la main sur la couture du pantalon. La crise actuelle est également celle de l’expression démocratique

S’il y a quelque chose de grave dans le TSCG, c’est qu’il révèle un peu plus la soumission servile des autorités politiques instituées à la dictature des fameux « marchés ». Au détriment, en toute connaissance de cause, de leurs populations. Ce n’est pas le TSCG qui est le problème, c’est l’institution politique.

La rue contre le délitement démocratique

C’est contre cette institution que j’irai manifester le 30 septembre. La politique ne s’exprime pas seulement par les urnes. En temps de crise et de délitement démocratique,  c’est la rue qui se substitue aux isoloirs. La rue ne défère pas aux sondages. Elle ne passe pas par la moulinette de journaux TV sous contrôle. Et elle se fout du morne cycle quinquennal.

Le 30 septembre sera un bon moyen de se compter, de se réunir autour de quelques idées maîtresses, de prendre date. Voilà pourquoi je serai sur la place de la Nation à 13h30 pétante ce dimanche-là. Sans illusions aucunes sur une solution politique convenue avec l’équipe en poste.

Oui, bon, j’en sais certains qui guetteront avec une joie mauvaise le moindre échec même relatif de l’évènement, quitte à ne retenir que les chiffres « selon la police ». Faut bien qu’ils fassent passer l’amère pilule d’un « vote utile » qui n’a pas mis trois mois à leur péter à la figure. C’est humain.

Mais je m’en fiche bien. Dans le contexte actuel, c’est un privilège de rejoindre de telles minorités. Le 30 septembre, je n’irai pas manifester contre la TSCG en particulier, mais contre ceux qui sont en train de nous conduire direct dans le mur. Car il ne faut pas se bercer de naïvetés. Aucune solution à la crise, aucune, ne sera possible avec ces gens-là.

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