Gaspard Glanz : un exemple limpide de courage et du bon usage de la désobéissance civile citoyenne

Gaspard Glanz : un exemple limpide de courage et du bon usage de la désobéissance civile citoyenne

Vous voulez savoir ce qu’est le courage et le bon usage de la désobéissance civile par un citoyen ? Prenez le cas Gaspard Glanz et vous en aurez un exemple limpide.

Il en va ainsi de toutes les périodes insurrectionnelles et révolutionnaires : c’est la stupidité de ceux qui vont être chassés qui fait les héros de demain. En arrêtant le journaliste Gaspard Glanz sans autre raison que la trouille monumentale de son propre engloutissement, le régime aux abois révèle, à son corps défendant, un de ces personnages d’exception dont l’opinion publique, déboussolée, est friande.

« Je me rendrai dans la manifestation ce samedi et le 1er mai [à Paris, ndlr] malgré l’interdiction qui m’est faite. Parce que je suis journaliste, que je travaille et que j’habite à Paris… Quand il y a eu l’attentat de Strasbourg et qu’on filmait leurs unités, ils étaient bien fiers de nous montrer leurs casques, leurs boucliers, leurs pistolets, etc. Là on était journalistes. On faisait leur promotion, quoi. Quand par contre on montre leurs bavures, on montre ce qui se passe dans la rue, la vérité de ce qui se passe dans Paris aux yeux du monde, alors là on est interdit d’y retourner, parce qu’on pourrait montrer des choses qui ne doivent pas être vues. On a atteint un point de non retour très grave…

Avec ou sans autorisation, j’y serai et quel qu’en soient les conséquences. Parce que je suis journaliste, en France, dans un pays de liberté…

Si je me fais attraper samedi dans les manifs, s’ils veulent me mettre en prison parce que je suis journaliste et que je ne fais que filmer des manifestants, qu’ils le fassent. Qu’ils osent le faire. Si on est vraiment en démocratie et qu’on en arrive là, allons-y. Si je dois être la personne qui doit servir d’exemple pour montrer que la situation est vraiment pourrie en ce moment…

J’ai arrêté d’avoir peur. Avant d’en arriver là, je me suis déjà pris des grenades. Je me suis déjà fait arrêter, j’ai déjà eu des contrôles judiciaires. Si moi je lâche l’affaire, combien de journalistes ici auront peur, encore plus qu’avant ? Je ne dois pas lâcher en fait. »

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.