Violences policières acte 23 : des scènes de guerre civile, des propos excessifs et un communiqué inopportun

Violences policières acte 23 : des scènes de guerre civile, des propos excessifs et un communiqué inopportun

Omniprésente depuis le début du mouvement des Gilets jaunes, la violence policière a encore augmenté d’intensité lors de l’acte 23 à Paris. Jusqu’à l’intolérable. Au point de provoquer des contre-réactions certes excessives (« suicidez-vous ! »), mais assez bénines en regard de ce qui les provoquait.

En regard de ces débordements organisés de violences physiques insupportables, la réaction de Gilets jaunes excédés appelant les policiers à se suicider apparaît comme un réflexe relativement bénin, certes inopportun, excessif, mais tout à fait compréhensible dans le feu de l’action.

Il se trouve que j’ai assisté via une vidéo live sur Facebook à l’ensemble de l’action incriminée, y compris les minutes précédant cette réaction collective spontanée, quand un déluge de lacrymos et de tirs de LBD s’abattit sur les manifestants. La vidéo qui circule en boucle sur les médias ne montre évidemment pas ce contexte préliminaire. Je ne retrouve pas la vidéo initiale complète, mais voici un extrait d’un autre reportage, tourné par Serge Faubert du Média, qui illustre très bien le climat de violence et les débordements verbaux qui s’ensuivirent.

Un communiqué qui ne s’imposait pas

Passe encore que la presse mainstream s’empare de l’affaire pour en faire ses choux gras, mais attribuer cette réaction de Gilets jaunes au « comportement de 10 abrutis », comme le fait Manuel Bompard (LFI) est à la fois faux et détestable :

De même, le communiqué publié par les principales figures du mouvement se désolidarisant des « propos d’une petite poignée d’individus », me paraît aussi relativement précipité et déplacé. À quel titre et de quel droit, au fait, ces leçons de morale ?

Les scènes de violences policières auxquelles il nous est désormais donné d’assister lors des actes de Gilets jaunes s’apparentent clairement à des scènes de guerre civile. Seule la retenue d’un des camps – celui en jaune – permet encore d’éviter le chaos. Mais cette guerre va devoir être menée… ou perdue.

Compatir à la fatigue de « fonctionnaires » éprouvés « par les fortes chaleurs » pendant qu’ils vous tapent dessus à bras raccourci, c’est un petit peu too much. Il sera toujours temps de plaindre les policiers et gendarmes quand ceux-ci auront déposé les armes.

La moindre des choses pour les figures notables d’un des camps, même si leurs arguments sont tout à fait recevables, c’est de pas tirer sur leurs propres troupes, de ne pas donner à l’adversaire des bâtons pour se faire battre – regardez l’exploitation qui est faite de ce communiqué bien malvenu dans les médias mainstream. La moindre des choses, si les Gilets jaunes veulent gagner cette guerre, aurait été au moins d’observer un devoir de réserve pour des faits encore une fois assez anodins, relevant manifestement du feu de l’action.

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.