Plein la gueule : « C’est du vent quoi qu’il dise »

Plein la gueule : « C’est du vent quoi qu’il dise »

Petite causette au rond-point. Ils sont quatre ou cinq à tenir le lieu, de semaine en semaine, jour après jour, en se relayant, mais on retrouve quand même à peu près toujours les mêmes fortes têtes.

Même sans gilet on est accueilli avec le sourire. Et ça rentre très vite dans le dur. À peine prononcé le nom du banquier qui fait président, les « noms d’oiseaux » fusent. On s’excuse même d’être aussi grossier. Chez ces gens-là, salariés, chômeurs, paysans ou retraités, « gens du peuple », on parle certes cru, mais on a pas pour autant l’habitude de proférer des insultes.

Alors quoi ?

« C’est parce qu’il nous pousse à bout. Il nous méprise, depuis le début. Il ne comprend rien à la vie, rien à la réalité des gens. »

Il est clair que pour eux, Macron n’incarne plus aucune autorité. Ni sa personne ni sa fonction n’inspire plus ni crainte ni respect. Il n’a plus la moindre crédibilité. C’est du vent quoi qu’il dise. En un mot, il est détesté.

Les autres « dirigeants » ne s’en sortent pas mieux. Et tout y passe : le gouvernement, l’assemblée, le sénat, Bruxelles, les directions syndicales… Le constat est limpide, personne ne représente ces gens à quelque échelon que ce soit, personne ne porte leur parole, ne prend en compte leurs difficultés quotidiennes.

« C’est pas possible que ça continue comme ça »

Alors cette parole, ils la reprennent. « On discute beaucoup, politique, économie, on a tout un dossier, là, on sait de quoi on parle… » Il y a D. qui fulmine : « Ils sont où les gens, là ? Ils devraient tous être avec nous ! C’est le moment. C’est maintenant ou jamais. Parce que ce mouvement, ça n’arrivera peut-être plus jamais. Il faut se réveiller! On se fait enfumer du matin au soir, depuis des années, ça suffit ! »

Un autre enchaine : « C’est pas possible que ça continue comme ça. À Paris ou au niveau local c’est pareil. Et quand ça va péter, ça va pas être beau à voir, tout ça va mal finir. »

On glisse sur le sujet des dons pour Notre Dame. On sait que ça existe, mais c’est quand-même une violence inouïe de savoir que des types peuvent lâcher d’un coup des sommes pareilles, des centaines de millions, comme ça. Des types qui en plus fraudent le fisc…

Voilà. Colère, indignation, écœurement, et détermination. Parce que « plus ils nous taperont dessus, plus ça nous renforcera ».

(NB : vue l’ambiance, je préfère préserver l’anonymat de tout le monde…)

Autodidacte en tout, café-théâtre, chanson française (auteur-compositeur-interprète), sculpture, photo, écriture, et même agriculture, en rupture de ban avec "le système", je me cantonne désormais à produire de la pensée et de l'émotion. Je n'attends pas de jours meilleurs (ils seront pires) mais j'en fabrique comme je peux...