Le rapport démesurément optimiste de la Cour des comptes

Ça y est, il est tombé le fameux rapport-couperet de la Cour des comptes que la nouvelle équipe au pouvoir attendait en tremblant. Bonne nouvelle, Hollande et son « team » peuvent encore respirer et espérer quelque temps. Le rapport en question est encore d’un optimisme démesuré, compte tenu de la vraie réalité.

Car à la vraie réalité, figurez-vous que l’honorable Cour préfère les estimations et prévisions de l’Insee. C’est ainsi que tout le rapport de nos Sages s’appuie sur une prévision de croissance revue à 0,4% en 2012 et à 1% en 2013.

Rêves de l’Insee contre verdict de la réalité

Le problème vient de ce que pour le premier trimestre 2012, l’estimation de l’Insee se situe à 0% de croissance. Or depuis le début de la crise, TOUTES les estimations de l’Insee ont toujours été revues à la baisse quand il s’est agi de donner les vrais chiffres définitifs.

Il y a ainsi fort à parier que la France, comme en 2008 (rappelez-vous les dénégations outrées de la ministre Lagarde à l’époque), comme l’ensemble de l’UE aujourd’hui, est très probablement déjà entrée en récession.

Sursaut de fin d’année pour remonter la pente à 0,4% comme « prévu » ? Là encore les résultats du premier trimestre et les premiers constats du second montre que la situation économique tend au contraire à se dégrader. Conclusion assez facile à anticiper : au mieux la croissance française stagnera en 2012, au pire elle sera en très substantielle récession.

Autre bouffée d’optimisme mal fondée, la Cour des comptes donne quitus au gouvernement Fillon d’avoir sauvé les meubles du déficit en ce début 2012. Étonnant quand on vient d’apprendre que l’endettement du pays fut en très nette hausse lors de ce premier trimestre fatidique.

Les bons comptes ne feront pas forcément les bons amis sociaux

Si elle a un peu de mal à appréhender la vraie réalité, la Cour des comptes sait compter :  la faible croissance (si croissance de 0,4% il y a), c’est de 6 à 10 milliards d’euros à récupérer sur 2012. Pour revenir à 4,5% de déficit public comme promis à l’UE.

Pire, malgré la fourchette excessivement haute qui servit de base à ses prévisions, la Cour des comptes chiffre à 33 milliards les « économies » à réaliser sur 2013. Pour respecter un déficit public prévu de 3,5% maxi par la couveuse européenne.

Ceci, bien sûr, toujours en se basant sur les prévisions rêveuses de l’Insee. Rajoutez environ 2 milliards par 0,1 point de PIB perdu en plus et vous verrez que l’addition de la vraie réalité sera salée au point d’en devenir vite socialement imbouffable.

Car qui dit « économies » dit forcément baisse drastique des dépenses publiques, mais aussi hausse inévitable des prélèvements fiscaux, déclare la docte Cour. Et de viser nommément la TVA et la CSG.

Autant dire que dans la bagarre, les 6,60 euros généreusement attribués en « coup de pouce » aux smicards ont du souci à se faire.

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