L’hilarante pochette-surprise du dernier sommet européen

Impayable, « l’accord-surprise » annoncée par les États membres de l’UE le vendredi 29 juin, comme toujours << au bout de la nuit >>. Vous savez ce qu’il me rappelle, leur miraculeux accord du bout de la nuit ? Les pochettes-surprises qui nous faisaient tant baver d’envie autrefois, chez l’épicier ou le boulanger du quartier…

Peu importe que les « surprises » en question s’avèrent toujours minables. C’était pas grave. On les oubliait aussitôt. Et on se remettait à saliver comme des malades sur la prochaine pochette. Ce qui nous importait, nous, ce n’était pas le cadeau, mais la pochette. Et le rêve qu’elle véhiculait.

Où il est question de cornichons

En vrai, on était aussi cornichons que les marchés d’aujourd’hui, qui flambent comme des nouilles sur du papier autour et rien dedans. Parce qu’il n’y a rien dans leur accord-surprise, vous entendez ? Rien. J’explique.

Leur grande trouvaille, c’est qu’ils vont (peut-être) confier le sauvetage des banques directement au FESF (Fonds européen de stabilité financière) et à son successeur désigné, le MES (Mécanisme européen de stabilité). Épargnant ainsi aux États membres le tracas d’être livrés aux tracasseries des vils spéculateurs.

Problème : qui alimentent les caisses de ces deux respectables organismes, le FESF et le MES ? Des emprunts garantis par les États membres. Donc les États eux-mêmes, déjà surendettés à mort. Comme la France lors de ce premier trimestre pré-Hollande. Faut-il vous faire un dessin ? Ou préférez-vous continuer à saliver sur leur pochette à la con ?

Conditionnel de rigolade

Vous avez sans doute remarqué que j’avais prudemment précisé « (peut-être) » quant à leurs intentions. Eh bien, figurez-vous que c’était intentionnel puisque eux-mêmes  abusent incontinents du conditionnel de précaution pour présenter leur « surprise ». Citation texto de leur formidable déclaration commune :

<< Le MES pourrait, à la suite d’une décision ordinaire, avoir la possibilité de recapitaliser directement les banques. Cette possibilité serait soumise à une conditionnalité [sic] appropriée, y compris quant au respect des règles relatives aux aides d’Etat, qui devrait être spécifique à chaque établissement, à chaque secteur ou concerner l’ensemble de l’économie, et qui serait formalisée dans un mémorandum d’accord. >>

Ça va, les gars (et les filles), vous n’êtes pas encore mort(e)s de rire ? Vous savez à quoi ça ressemble, leur FESF/MES, dans leur misérable pochette ? À une de ces toutes petites bagnoles en plastoc pièces détachées minable, façon cadeau Bonux, dont on renonce bien vite à emboiter les éléments épars.

Mais les marchés, ces grands benêts d’enfants, eux, sont contents. Du moins momentanément. Parce que ce n’est pas demain la veille que vous risquez de les voir rouler peinards dans leurs toutes petites bagnoles en plastoc pièces détachées. Et qu’ils vont vite s’en rendre compte. Ah, les cornichons !

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