9 avril 2019 : le jour historique où la 5ème République implosa de l’intérieur

9 avril 2019 : le jour historique où la 5ème République implosa de l’intérieur

La journée du 9 avril fut proprement historique à travers deux évènements explosifs qui annoncent clairement le début de la fin pour la 5ème République :

  • une procédure de référendum d’initiative partagée (RIP, comme requiescat in pace) enclenchée par l’opposition parlementaire ;
  • la fronde de sénateurs après le refus de recevoir une délégation de Gilets jaunes ;

Du RIP au RIC, il n’y a qu’un pas

Le RIP ou référendum d’initiative partagée est une véritable bombe introduite en 2008 sous la présidence Sarkozy via deux alinéas rajoutés à l’article 11 de la Constitution et indiquant ceci :

« Un référendum portant sur un objet mentionné au premier alinéa peut être organisé à l’initiative d’un cinquième des membres du Parlement, soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales. »

Or hier, l’opposition parlementaire – socialistes, communistes, Insoumis, mais aussi Républicains – annonça avoir réuni le nombre suffisant de signatures (185 minimum) pour enclencher la procédure d’un RIP contre la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP).

Autant dire que la fronde inédite de ces élus venait d’allumer la mèche d’un explosif dévastateur, non seulement contre la mesure de privatisation d’ADP, non seulement contre le régime au pouvoir, mais aussi contre toute les institutions de la 5ème République qui venaient d’imploser de l’intérieur.

Ce que venaient de faire les insurgés à écharpe tricolore du 9 avril, c’est tout bonnement de redonner l’initiative politique au peuple ! Car du RIP au RIC il n’y a qu’un pas. Et les Gilets jaunes le comprirent très vite annonçant qu’ils se faisaient fort de recueillir les 4,5 millions de signatures d’électeurs inscrits nécessaires.

Reste bien sûr un obstacle majeur à franchir : la validation de cette procédure de RIP par le Conseil constitutionnel. Mais le mal est fait : le feu brûle au palais Bourbon…

Les excuses des sénateurs aux Gilets jaunes

… et les flammes se répandent au palais du Luxembourg ! L’annulation de dernière minute d’une rencontre prévue entre une délégation de Gilets jaunes et les sénateurs fit effet d’obus incendiaire, démultipliant l’impact d’un évènement qui aurait passer pour relativement anodin sans les gros sabots d’une intervention gouvernementale inopinée :

  • les micros des médias mainstream se tendirent vers Éric Drouet, un des membres de la délégation GJ recalée, et celui-ci ne se fit pas prier pour répandre le point de vue des insurgés en chasuble jaune auprès de l’opinion publique ;
  • une manifestation spontanée de Gilets jaunes fut organisée en début d’après-midi devant les portes du Sénat, toujours sous les projecteurs médiatiques…
  • … et l’on vit ce spectacle incroyable de sénateurs sortant au devant des manifestants pour s’excuser (!!!) du lapin qui leur avait été posé sur pression d’un ministre paniqué (Bruno Le Maire).

La journée du 9 avril 2019 sonne donc comme celle d’une victoire éclatante pour les Gilets jaunes après cinq mois de soulèvement populaire ininterrompu. Éric Drouet ne dissimulait pas sa satisfaction.

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.