Sauvagerie : « Beaucoup d’enfants avaient le visage et les yeux qui leur brûlaient… »

Sauvagerie : « Beaucoup d’enfants avaient le visage et les yeux qui leur brûlaient… »

Nantes, samedi 6 avril, acte 21 des Gilets jaunes. Les CRS chargent tout près d’une fête foraine pleine de monde et noie le site sous un déluge de lacrymogène. Témoignage :

« Sur place c’était encore plus terrible que regarder les vidéos (je ne peux plus, je pleure trop à chaque fois) et nous n’arrivions même pas à voir à travers les nuages des gaz où il fallait aller pour aider à évacuer, seuls les cris terribles nous guidaient. Beaucoup d’enfants avaient le visage et les yeux qui leur brûlaient et beaucoup vomissaient en hurlant. Ceux qui étaient dans les manèges, notamment en hauteur, sont restés bloqués dans les nuages de gaz. Nous, d’en bas, on ne faisait que les entendre hurler mais on n’arrivait même pas à les voir. Quelle angoisse ils ont dû vivre !

Un terrible moment d’angoisse et de sidération.

Nous n’avons pas compris pourquoi ils ont tiré des grenades car nous arrivions tranquillement et il ne s’était rien passé. Nous n’étions pas sur le terrain de la fête. Ils ont tiré les premières salves sur nous qui étions face à ceux. Puis il y a eu d’autres tirs volontairement ou pas dirigés vers la foire et les manèges où il n’y avait aucun manifestant. De plus ce sont les forces de l’ordre qui en nous barrant les rues nous ont dirigés là. Les « medics » et les manifestants ont fait le maximum pour aider à évacuer à travers les gaz.

La panique et l’affolement ont été intenses et pourtant ce moment du lancement des grenades n’a duré que quelques secondes en salves très très rapprochées. Les forains dont les enfants et familles tenaient les manèges ont été touchés également et n’ont pas pu réagir autrement qu’ils l’ont fait. Tout a été si rapide. La fête qui ouvrait juste a été évacuée. Après ce drame la colère est montée pour le reste de l’après-midi et la répression avec. »

Autodidacte en tout, café-théâtre, chanson française (auteur-compositeur-interprète), sculpture, photo, écriture, et même agriculture, en rupture de ban avec "le système", je me cantonne désormais à produire de la pensée et de l'émotion. Je n'attends pas de jours meilleurs (ils seront pires) mais j'en fabrique comme je peux...