Conquête du soleil : l’Allemagne loin devant

L’Allemagne fait une nouvelle fois la nique à ses voisins. Non, il ne s’agit pas de balance commerciale (ce fielleux outil de mesure de la colonisation d’un pays sur les autres), ni de l’état de ses banques (pas plus folichonnes que les nôtres), ni de ses avancées sociales (carrément pires que chez nous)… Mais de la conquête du soleil !

J’explique : selon l’institut spécialisé IWR, l’Allemagne vient de dépasser le 22 000 mégawatts d’énergie solaire le vendredi 25 mai dans l’après-midi. Soit la production à plein de 20 de nos centrales nucléaires [la France en compte aujourd’hui 58, ndlr].

Fin du nucléaire à l’horizon 2022

À l’horizon 2022, l’Allemagne prévoit un remplacement de toute son énergie nucléaire à elle par des énergies renouvelables (solaire, mais aussi éolien, biomasse…). Au train où il va, notre crachotant EPR n’aura même pas encore été mis au point !

Croyez-vous que nos médias hexagonaux mettraient cette nouvelle au firmament de leurs unes et feraient amendes honorables sur notre choix impénitent du tout-nucléaire ? Que nenni ! Les voilà qui cognent à bras raccourci sur… un cruel échec économique de l’Allemagne !

Motif : une baisse drastique des prix à la production de l’énergie solaire qui ferait, figurez-vous, souffrir les entreprises spécialisées en la matière. Pas un, évidement, pour relever qu’une telle baisse des prix, répercutée à la consommation, pourrait grandement faire l’affaire des utilisateurs.

L’inventive rigueur de nos cousins germains

Mais il est dit que nous vivons dans un monde de fous. Une énergie pas chère n’est JAMAIS un échec économique. Sauf pour les étriqués du bocal, les voraces du pognon qui préfèrent s’éclairer à l’unité monétaire qu’au kilowatt, ou les irrécupérables junkies overdosés du système.

En attendant, l’Allemagne fournit à elle seule une production en énergie solaire presque équivalente à celle du reste du monde. Objectif : réduire ses émissions nationales de gaz à effet de serre de 40 % d’ici 2020. Qui dit mieux ?

Le pire, voulez-vous que je vous dise, est qu’ils ne sont même pas contents d’eux-mêmes ! Le président de l’Agence des réseaux allemands trouve que ça ne va pas assez vite et que son pays est clairement en-dessous de ses objectifs : 214 petits kilomètres de lignes existantes à ce jour contre 1 800 km planifiés.

Il y a des jours où l’on envie vraiment la rigueur de nos cousins germains. Surtout lorsqu’elle s’avère aussi ingénieusement inventive. Et un peu de soleil de temps en temps ne fait de mal à personne.

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