Hollande en Afghanistan : la fausse sortie

Décidément, il les multiplie ! Voilà notre nouveau président débarquant vendredi à Kaboul, impromptu. La première question qui vient à l’esprit est le pourquoi d’un tel voyage. Ce qu’il y annonça n’aurait-il pas tenu dans une intervention toute banale sur un plateau télé bien de chez nous, bien au chaud ?

Mais non, le spectacle comme ultime et dérisoire toile de fond ! Qu’annonça donc le successeur de Sarkozy qui justifia un tel spectaculaire déplacement ?

Une mission << en partie >> accomplie

<< La menace terroriste qui visait notre territoire national comme celui de nos alliés depuis l’Afghanistan, sans avoir totalement disparu, a été en partie jugulée. >>

Savoureux, ce << en partie >>, non ? Mais attendez, ce n’est pas fini.

<< Vous [les militaires français, ndlr] avez exécuté votre mission, et vous allez l’accomplir jusqu’au bout [?, ndlr]… Vous serez à Noël à la maison… La mission de lutte contre le terrorisme est sur le point d’être accomplie, c’est une grande fierté. >>

Devant un aussi retentissant fiasco militaire, sûr que la << fierté >> s’imposait !

<< … à travers des programmes d’éducation et de santé >>

<< Ce sera l’occasion de parler de l’après, de rappeler que le retrait des forces combattantes ne signifie pas la fin de notre présence dans le pays, mais que la France entend rester présente en Afghanistan à travers des programmes d’éducation et de santé. >>

Ainsi donc si les forces militaires combattantes vont se retirer comme prévu avant la fin de l’année 2012 (pas étonnant vu l’enlisement dans lequel elles avaient sombré), les forces militaires « non combattantes » allaient elles prolonger un petit peu leur séjour (jusqu’en 2014, par exemple). Pour s’y occuper << d’éducation et de santé >> !

Y a-t-il un Ifop kaboulien faisant état d’une demande pressante de la population afghane pour un soutien français en matière << d’éducation et de santé >> ?

L’Otan, j’y suis, j’y reste

Cet atermoiement afghan après avoir cédé sur le bouclier anti-missile américain en Europe dénote surtout que le tout frais président Hollande semble avant tout soucieux d’agir de façon << ordonnée et coordonnée >> avec les forces de l’Otan.

N’est-ce point pourtant un certain Moscovici, à l’époque chargé des relations internationales au sein du Parti socialiste, qui avait vilipendé l’atlantisme immodéré du président Sarkozy ?

Autre temps, autres mœurs politiques. Surtout lorsqu’on est au pouvoir. Il est vrai que le retrait de l’organisation ne figurait pas parmi les 60 mesures laborieusement proposées comme programme par le candidat suppléant de DSK.

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