Alexis Tsipras (Syriza) met la Troïka au défi

<< Allez-y, lâchez-nous, pour voir, qu’on rigole… >>

Voilà en gros ce qu’Alexis Tsipras, leader du parti de gauche radicale grec Syriza, vient de signifier à la Troïka (Commission européenne, BCE, FMI) dans un entretien publié vendredi 18 mai par le Wall Street Journal.

Donnant-donnant

Alexis Tsipras en est convaincu : l’Union européenne (UE) ne peut lâcher la Grèce. Pour une raison très simple : elle a tout à y perdre. À commencer par les précieux sous qu’elle y a investis.

Parce que, défie Tsipras, donnant-donnant, si l’UE lâche la Grèce, la Grèce cesse de payer ses dettes. Aussi sec ! Mieux, ajoute Tsipras, en cessant le paiement des échéances à ses créanciers, la Grèce aura suffisamment de liquidités pour payer ses travailleurs et ses retraités.

Ça ne sera facile pour personne, concède le leader de Syriza. Pas plus pour la Grèce, en pleine récession galopante et frappée par une véritable << crise humanitaire >>, que pour l’UE qui précipiterait la fin de l’euro. Et d’en appeler à une relance de l’économie plutôt qu’à l’austérité financière.

Alexis Tsipras ne doit évidemment pas ignorer qu’un tel lâchage, s’il s’avérait qu’il favorisait un redressement à l’islandaise de son pays, donnerait sans doute de fâcheuses idées à quelques mastodontes européens en grosses difficultés. Suivez son regard vers l’Espagne, l’Italie…

Pas d’autres solutions que de s’entendre

À la fin, s’amuse Paul Jorion dans son « Temps qu’il fait » du 18 mai, il ne resterait plus guère que deux membres dans l’UE : l’Allemagne et la France. Un peu maigre, tout de même !

Dans le camp d’en face, on essaie de tempérer et de faire le beau. Les premières touchées par une sortie de la Grèce de la zone euro, plastronne-t-on, ce serait les banques grecques. Donc les Grecs.

Pas sûr que le Crédit Agricole — pour ne citer que lui — mouillé jusqu’au cou avec sa filiale Emporiki, en soit particulièrement convaincu.

Pour Tsipras, pas d’autres solutions que de s’entendre. Sous-entendu : et pas seulement aux conditions de la Troïka. D’ailleurs, la balle est dans le camp de cette dernière, conclut la bête noire (enfin non, rouge) des gendarmes financiers :

<< Notre monnaie nationale est l’euro, de sorte qu’il n’est pas si facile de couper le lien. Sortir de l’euro aurait de multiples conséquences négatives. Ce n’est pas quelque chose que nous désirons, ce n’est pas quelque chose que nous cherchons. >>

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