Le 22 avril, j’irai voter l’esprit serein et le cœur léger

Lucie_et_Raymond_Aubrac.jpg

Trente et un ans que ça ne m’était pas arrivé ! En avril/mai 1981 très exactement. Depuis, j’allais aux élections comme le veau à l’abattoir, mâchoires crispées, boule dans la gorge, m’épuisant à voter contre, à ferrailler rageur dans un pauvre vide démocratique. Cette fois, non, je vais à nouveau voter pour un programme.

Et pas n’importe lequel. MON programme ! Dès mars 2009, je rédigeais et publiais mon propre petit programme en dix volets. Aujourd’hui, je vais voter pour un projet en tout point similaire, avec des mesures à quelques nuances près tout à fait identiques.

Non, non, n’allez pas croire que je me la pète ! Que je revendique une quelconque paternité sur l’affaire. En rédigeant mon petit projet, je ne faisais pas œuvre de créateur, mais d’éponge imbibée, recrachant du mieux que je pouvais le jus que j’avais absorbé autour de moi. Chez Jorion, chez Lordon, chez Todd, ici et là…

Monter dans les bons trains

Jorion dit que les bonnes idées n’appartiennent à personne et que peu importe qui en est à l’origine. Tout le monde précisément. Le coup du << c’est moi le prem’ >> vaut tout au plus pour les cours de récré.

Il y a juste un moment où, lors des grandes mutations du monde — et c’est peu de dire que nous y sommes — des idées nouvelles se mettent peu à peu en place, des petites « Lumières » éparses, mais qui finissent par se rassembler pour éclairer un nouveau tout cohérent.

On ne peut séparer, je crois, ces divers évènements qui naissent, souvent spontanément, qui s’amplifient, se heurtent aux murs imbéciles du vieux monde, reculent parfois, puis repartent de l’avant pour se rejoindre : les révolutions arabes, le mouvement des indignés, le Front de gauche en France…

Oui, oui, ayons cette prétention-là. Laissons rire ou persifler, en les plaignant un peu, les chagrins qui regardent les trains passer.

Ce que l’on tente

C’est à ce vaste mouvement, fertile en rebondissements, en déceptions ou en très grandes joies, que j’ai l’impression de participer lors de cette élection présidentielle inédite. C’est dingue, non ? 😀

Une chance de l’emporter ? Des risques d’être trompés, déçus… ? Pff, je ne sais pas. Ce n’est pas le problème. Je m’en fous. Mon seul souci aujourd’hui est de participer à propulser un peu plus vers l’avant ce vaste mouvement de reconstruction, d’en enraciner les fondations dans les esprits.

De repopulariser un peu plus des idées qu’on n’osait même plus évoquer : liberté, égalité, fraternité. Et tant pis pour les bosses à l’âme ou les genoux égratignés. Ça vaut le coup d’essayer.

<< Ce n’est pas ce que tu réussis qui importe, mais la qualité de ce que tu tentes >> (Karen Blixen)

A propos de Pierrick Tillet 3735 Articles
Un voyageur à domicile en quête d'une nouvelle civilisation.