Vivre tue, faut-il interdire de vivre ?

Passons sur l’hypocrisie de la lutte anti-tabac via les hausses exponentielles des taxes. À peu près aussi efficace que l’ethylostest obligatoire dans chaque voiture à partir de juillet 2012 pour vaincre l’alcoolémie au volant ! Aucune prohibition, encore moins fiscale, n’est jamais venue à bout des substances qu’elle prétendait éradiquer. Tout au plus a-t-on abouti à des dérégulations mafieuses meurtrières.

En vérité, le problème qui se pose est l’acceptation dans nos existences des déstressants que sont le tabac, l’alcool, mais aussi les drogues, qu’elles soient légères ou dures, la consommation de gras, de salé, de trop sucré…

Pourrions-nous sereinement vivre sans tous ces palliatifs nerveux ? Ce serait à coup sûr nous condamner à leur substituer des anxiolytiques chimiques aux effets tout aussi désastreux (et coûteux). Ou laisser libre cours à des déchaînements insupportables d’agressivité.

Vivre c’est, je crois, accepter aussi de composer avec nos démons, nos peurs, nos angoisses. Et avec ce qui permet d’en atténuer les effets : la cigarette, le joint, l’alcool, le gras, le salé, le trop sucré… En en mesurant, mais aussi en en acceptant les risques.[1]

« C’est pourquoi, nous qui sommes dotés de la faculté de penser, nous devons bien voir que la quête de la santé peut être source de morbidité. J’invite chacun à détourner son regard et ses pensées de la poursuite de la santé, et à cultiver l’art de vivre. Et, tout aussi importants aujourd’hui, l’art de souffrir et l’art de mourir » – Ivan Illitch

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Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation.