Ultimatum du 16 mars : ou ils dégagent ou on les dégage !

Ultimatum du 16 mars : ou ils dégagent ou on les dégage !

La journée ultimatum du 16 mars a tenu ses promesses. Les émeutiers sont passés à la vitesse supérieure. Désormais on ne rigole plus. Le Fouquet’s et quelques autres symboles rupins commerciaux en ont fait les frais. Mais pas qu’eux.

Sur les réseaux sociaux, les bien-pensants (généralement ceux qui ne descendent jamais dans les rues) y allaient de leurs atermoiements en distinguant une énième fois les gentils-manifestants-pacifiques des vilains-casseurs-alliés-objectifs-du-pouvoir.

Les Black blocs accueillis par des applaudissements

Sauf que sur les réseaux sociaux, on voyait aussi des Gilets jaunes accueillir l’arrivée des Black blocs par des applaudissements et une haie d’honneur.

La violence, ai-je écrit dans un précédent billet, est le seul recours des peuples interdits d’expression. « La violence, disait Albert Camus, est à la fois injustifiable et inévitable. » Et de fait, c’est une violence peut-être injustifiable mais inévitable qui déferla lors de cet acte 18, trois mois après le début du soulèvement des Gilets jaunes. Des scènes hallucinantes de guerre civile où les forces de l’ordre furent loin d’avoir le dessus.

Parigi, è guerriglia sotto l'Arco di Trionfo

Guerriglia sotto l'Arco di Trionfo. Parigi, riesplode la battaglia dei gilet gialli. Porfido contro gli agenti antisommossa. Place de l'Étoile avvolta nei lacrimogeni

Publiée par Local Team sur Samedi 16 mars 2019

Pendant ce temps-là…

Pendant ce temps-là, le « monarque » était aux sports d’hiver !

16 mars 2019 : pendant que Paris s’embrase, Emmanuel Macron sirote aux sports d’hiver

Pendant ce temps-là, comme à son habitude, le ministre de l’Intérieur Castaner continuait à dire conneries sur conneries :

Pendant ce temps-là, des flics se faisaient pincer en train de piller une boutique éventrée sur les Champs-Élysées :

Pendant ce temps-là, la veille, dans la nuit du vendredi 15 mars, les députés de la Macronie imposaient un marathon nocturne pour faire passer à peu près tout ce qui restait de « réformes » bien dégueu (privatisations d’Aéroports de Paris, d’Engie, de la Française des jeux, la pulvérisation des seuils sociaux, déréglementations des tarifs jusque là réglementés du gaz…). Un peu comme si, pressentant la fin, ils tentaient de rendre irréversibles leurs derniers dégâts.

Le 16 mars, la rue était aux mains des émeutiers

Mais le 16 mars, la rue était aux mains des émeutiers. Les manifestations GJ, pour le climat et contre les violences policières se rejoignaient et fusionnaient au point qu’il était difficile de les distinguer et d’en dénombrer les participants. Aucune nasse policière n’en venait plus à bout. L’ultimatum des manifestants en gilets jaunes était clair : en face, ou ils dégagent ou on les dégage, de gré ou de force.

La suite lors des actes 19 du 23 mars et suivants…

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.