Feuilleton FN (suite) : quand Le Pen père perd ses nerfs

Et le feuilleton continue ! Après la dilution de Marine Le Pen devant Jean-Luc Mélenchon en direct sur le plateau de Pujadas le jeudi 23 février, voici le père d’icelle qui sort de sa tanière en bête blessée éructante.

<< Je trouve scandaleux qu’un voyou comme M. Mélenchon se croit autorisé à prendre à partie une femme. Moi, j’offre un débat à M. Mélenchon et je vais lui retirer son caleçon ! >> (J. M. Le Pen au micro de Radio France, dimanche 26)

Bon, bon, il est des arguments massues plus aisés à dégainer qu’une réponse politique à des questions sur le salaire parental ou le droit à l’IVG. On sent que le vieux grognard en découdrait bien à l’aube sur le pré.

Mais voilà, trop tard, trop vieux. Pire, en volant ainsi au secours de sa donzelle, en offrant à l’adversaire ce qu’elle-même a la trouille de lui accorder (un débat), le retraité fulminant ne fait qu’enfoncer l’infortunée en reconnaissant implicitement sa déconfiture.

Sur son blog les-crises.fr, Olivier Berruyer présente les cinq stades de l’effondrement, décrit par un certain russe Dmitry Orlov :

Le stade de l’effondrement politique

  • l’effondrement financier X
  • l’effondrement économique X
  • l’effondrement politique X
  • l’effondrement social
  • l’effondrement culturel

Notons que ces cinq stades successifs, qui peuvent se chevaucher les uns les autres sont largement entamés. Cochons ceux qui sont en voie de finalisation.

L’effondrement financier est quasiment achevé, les banques ne survivant plus que sous la perfusion hémorragique de liquidités d’opérette par les banques centrales ;

L’effondrement économique est patent par la nouvelle entrée en récession des pays de l’Empire finissant (France comprise, j’assume).

L’implosion en plein vol des Le Pen père et fille consacre largement l’effondrement politique, mais ne saurait faire oublier non plus les pitoyables prestations des deux autres champions autoproclamés dans cette mortifère présidentielle.

Imprévisibles réactions d’effroi

Reste les deux derniers stades et les incertitudes qu’ils entrainent quant aux réactions populaires qu’ils provoqueront.

L’effondrement social n’a pas encore atteint dans nos contrées l’intensité qu’elle revêt en Grèce ou dans les pays arabes. D’où des réactions encore amorphes des populations.

Mais déjà se font sentir les premiers soubresauts de l’effondrement culturel. Le plus grave et le plus vertigineux, celui où les masses saisies par l’effroi perdent leurs repères. Où la raison et l’intérêt bien compris cèdent la place à l’imprévisible irrationnel et au pulsionnel.

Voilà pourquoi il est bien tôt pour tirer des conclusions de la retentissante capilotade des Le Pen père et fille. Après tout, en 2007, ne nous sommes-nous pas offerts à un ridicule coquelet dont il était aisé de deviner à l’avance qu’il allait nous plumer ?

Ami lecteur, toi qui gardes encore un esprit pas trop plombé, il est grand temps que nous retroussions nos manches, un grand ménage nous attend. Pas sûr que tout soit récupérable.

Pour aller plus loin :

Les cinq stades de l’effondrement, par Dmitry Orlov (les-crises.fr)

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