Dimanche je vote Manon la chieuse

Dimanche je vote Manon la chieuse

« Voter ne sert à rien. Ne pas voter ne sert à rien.

Entre deux inutilités je vais donc aller voter Insoumis. Histoire de placer quelques grandes gueules là-bas.

Dix-sept insoumis ici, même s’ils ne sont pas en mesure d’imposer quoi que ce soit, font quand même un sacré boulot. Une dizaine de plus dans ce cirque européen ne fera pas de mal en plus de filer du boulot à une quarantaine de militants. »

C’est Thierry qui écrit ces lignes au bas d’un billet-photo – ben quoi, on dit bien un roman-photo – dont je te recommande vivement la lecture.

Manon à Macron

Je vais voter dimanche. Pour citer le joli mot de François Ruffin je vais dire « Manon à Macron ». Entre mes copains qui ne votent pas et ceux qui se dispersent sur la myriade des petites listes, je ne pensais pas écrire de bafouille à ce sujet – le manque de conviction et l’absence d’enthousiasme… – et puis voilà que Thierry me relance.

Et puis voilà que Corinne Morel-Darleux balance elle aussi une bafouille dans ma boîte à lettres virtuelle. En quelques mots : Corinne l’insatisfaite a pris du champ avec le Parti de Gauche et avec la France insoumise. Elle est l’une des premières artisanes d’Extinction-Rebellion en France, la succursale d’un mouvement écolo radical qui a émergé en Grande-Bretagne et a décidé de frapper fort.

« Il est temps d’arrêter de se bercer de doux espoirs et de s’activer. Localement, sans attendre et sans demander. Chaque dixième de degré, chaque invertébré, chaque mètre carré de terre arable : il n’y a rien de trop petit à aller sauver. Plus rien d’insignifiant à ce stade. »

Ma copine Corinne n’est peut-être même pas au courant de ce ridicule projet de parc d’attraction foireux à Chauffaille. Le trou du cul du Limousin, c’est si loin de son terroir à elle. Et elle ne connaît peut-être même pas l’existence du sympathique campagnol amphibie. Mais elle a mis les mots justes sur la myriade des combats locaux comme celui de Chauffaille. En finir avec l’idéologie du béton-goudron, de la destruction de la flore et de l’extermination de la faune.

Dimanche j’irai voter Manon à Macron. Et dès lundi, je reprendrai le clavier. Et dès le vendredi suivant, le 7 juin ce sera le premier vendredi du mois, je reprendrai à deux mains mon coquelicot pour faire interdire les pesticides. Lors du rassemblement à 18h30 devant la mairie je parlerai du diquat et du paraquat qui ont laissé la place au glyphosate. T’inquiète, je t’en ferai une bafouille.

Inutile ?

Parfois j’ai l’impression que les coquelicots sont une goutte d’eau. Je regarde comme dérisoires nos passages en radio, nos articles dans la presse, nos interventions ou manifestations ici et là et nos rassemblements mensuels. Et puis suffit de yeuter d’un peu plus haut.

Quelques six-cent-soixante-dix-mille personnes ont déjà rallié l’appel des coquelicots. Le petit coquelicot rouge « stop pesticides » qui orne ma boutonnière, alors qu’on n’est pas des épiciers, on en a déjà vendu cent-mille. Cent-mille ! Et on commence à en voir partout. La multitude des initiatives locales des coquelicots inquiète au plus haut point l’industrie chimique. Faut lire les lobbyistes !

Une vraie chieuse

François Ruffin est le chieur le plus chiantissime de l’Assemblée nationale. Il empêche les députés de dormir paisiblement et il donne des cauchemars au gouvernement. On n’en attendait pas moins de lui. On le connaissait…

Manon Aubry sera la chieuse la plus chiantissime du Parlement européen. On n’en attend pas moins d’elle. C’est la gamine [aux yeux des vieux cons] la gamine qui ne se laisse pas marcher sur les pieds par les éléphants et qui rugit rudement argumenté quand les grands mâles dominants lui coupent la parole. C’est de très bon augure.

Manon Aubry va ambiancer grave le Parlement européen comme François Ruffin sème la zone à l’Assemblée. Même si la capacité d’action des élus européens est faible, Reporterre nous dit qu’elle n’est pas nulle. Et n’oublions pas, la salamandre de Notre-Dame-des-Landes comme le campagnol amphibie de Chauffaille opinent du bonnet, il n’y a rien de trop petit à aller sauver.


« Qui peut savoir combien de temps / Ça se déchaîne / Cette vague de mauvais temps / Commence à peine / Tout va à vau-l’eau et valdingue / Et de toute évidence / Nous traversons actuellement / Une zone de turbulence. » Pascal Rinaldi chante « Zone de turbulence ».

 

Un citoyen ordinaire à la rencontre des personnes cabossées par la vie.