Programme du Front de Gauche (2/9) : calmer les banques !

L__humain_d__abord2.jpgProposez des objectifs sociaux un peu ambitieux et vous déclenchez la levée des boucliers sur les financements impossibles, les menaces de fuite des capitaux et des cerveaux, la faillite inéluctable des entreprises…

Marrant, comment ils ont fait, le Front populaire de 36 et le Conseil National de la Résistance de 45, pour imposer leurs mesures « révolutionnaires » (congés payés, 40 heures, sécu, services publics…), l’un en pleine panade économique, l’autre dans un pays dévasté par la guerre ?

Enfin je dis ça, je dis rien ! Les gens du Front de Gauche, eux, ils veulent reconstruire le tissu économique et social du pays en faisant cracher les banques et la finance.

Fiche 2 : calmer les banques et les marchés !

Tout de suite

– Création d’un pôle public financier
– Placement sous contrôle social des banques privées
– Réforme de la fiscalité (augmentation de l’ISF et de l’impôt sur le capital, taxation des revenus financiers…)
– Suppression des exonérations de cotisations sociales patronales
– Création d’un Fonds national et de fonds régionaux pour l’emploi et la formation

Ensuite

– Transformation des missions, de la politique monétaire et de la gouvernance de la Banque de France et de la Banque centrale européenne (BCE)
– Création d’un Fonds européen de développement social, écologique et solidaires
– Création d’instances de contrôle pour les salariés (entreprises) et pour les citoyens (institutions bancaires, collectivités territoriales)

Commentaires

Le volet sur lequel j’ai le plus de réserves :

  • Je ne vois pas comment on pourrait récupérer par la fiscalité des sommes en grande partie envolées à l’étranger (paradis fiscaux), carbonisées par la spéculation et la crise systémique en cours (rappel : même les riches clients privilégiés de Madoff n’ont rien récupéré du tout).

  • Je ne vois pas la logique de taxer des revenus financiers… qu’il conviendrait d’interdire !

  • Je suis dubitatif sur la possibilité d’influer sur la gouvernance d’organismes supra-nationaux comme la BCE, en pleine implosion de l’Union européenne et de l’euro, en plein effondrement du système financier mondialisé.

  • Monétiser la dette dans de telles calamiteuses conditions me paraît aussi improbable que vain.

Je crois sincèrement qu’un nouvel ordre monétaire, par défaut national, finira inéluctablement par s’imposer, sur fond d’annulation de la dette et de remise à plat des mécaniques d’échanges économiques.

Mais bon, la « Grande perdition » nous départagera sans doute très rapidement sur ces points. Et faisons confiance à la réactivité des uns et autres pour faire face aux « évènements imprévus » [rire].

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Un voyageur à domicile en quête d'une nouvelle civilisation.