François Hollande confond programme et liste de courses

Marrant, au-delà de la tartine médiatique un brin écœurante sur le show de François Hollande au Bourget, aucun journaliste, aucun chroniqueur, aucun observateur n’a relevé que le candidat socialiste s’était gardé de toute allusion au quotient familial, cette mesure-phare qui, il y a une dizaine de jours, devait être emblématique de sa prochaine présidence (selon les sondages).

Aucun journaliste, aucun chroniqueur, aucun observateur du microcosme n’a remarqué que le rose impétrant avait en six mois changé d’ennemi public n°1. Aujourd’hui, << le monde de la finance >> ; fin juillet, << la dette >> (dont il ne fut plus aucunement question au Bourget).

Il serait aussi intéressant de rapprocher la laborieuse ordonnance des quelques pansements distillés ce week-end des 30 propositions socialistes formulées en mai dernier. Une seule constante : la litanie des déclarations d’intention creuses.

L’ambition politique sur post-it

On chercherait en vain dans les quelques mesures un peu concrètes figurant à l’édition de ce week-end, un fil conducteur politique, l’ambition d’un projet cohérent, un programme faisant sens, à la mesure de la crise de la « Grande perdition » qui fait présentement vaciller le monde.

Et vice-versa avec les grandes idées lâchées sans contenu sérieux : << le monde de la finance >> posé comme adversaire principal à combattre, mais sans aucune mesure probante contre la plaie spéculative (sinon une vague séparation des banques de dépôts et des officines d’investissements).

On notera comme Pascal Riché (Rue89) que la plupart de ces annonces figurent aussi sur le catalogue de l’UMP. Quand elles ne sont pas parties prenantes de celui du  Front national ou de n’importe quel autre parti.

Le problème avec François Hollande est qu’il confond manifestement un programme politique avec une liste de commissions modifiable au gré de ses courses et des besoins de son frigo à communication.

Avec par-dessus le marché, cette sale manie de rayer des lignes sur le post-it avant même d’être arrivé au magasin élyséen.

Ne restera en fin de compte de ce grand raout mediatico-militant que cette déclaration digne de figurer au Panthéon du pompeux ridicule :

<< Je n’ai pas besoin de changer pour être moi-même. >>

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