Loi anti-fake news : panique et impuissance du microcosme médiatico-politique

Loi anti-fake news : panique et impuissance du microcosme médiatico-politique

Vous avez vu comme ces derniers temps, les médias du microcosme officiel tirent à boulets rouges sur les sites d’informations du web ?

Figurez-vous, je les cite, que les infos sur Internet échappent à tout contrôle, à toute vérification des sources, qu’on peut y craindre les tentatives de manipulations sournoises de malfaisantes puissances occultes, que tout un chacun peut y débiter des horreurs.

Bon, bon, jusqu’à présent, je m’étais plutôt laissé dire que le contrôle des informations était surtout le fait des dictatures (la Chine, l’Iran et consorts tentent, vainement, d’enrayer comme ils peuvent le contre-pouvoir d’Internet). Et toujours question contrôle, notre haute finance qui s’est partagée la plupart de nos médias officiels ou les étouffe à grands coups de recettes publicitaires, n’a rien à leur envier.

On a vu aussi, avec quelques exemples historiques de manipulations médiatiques, comment nos journaleux de salon vérifiaient minutieusement leurs sources. On a constaté, au moment du référendum sur le projet de Constitution européenne, comment eux et leurs « spécialistes » ont unanimement essayé de nous protéger des manipulations qui auraient pu nous faire voter « non ».

La vérité, c’est que nos coquelets ont autant peur d’Internet que les poules de la grippe aviaire. Leurs audiences, leurs ventes, leurs finances s’effritent. La Toile menace directement leurs intérêts, et c’est à leur contrôle à eux qu’elle échappe. Ils se font botter les fesses à longueur de blogs et de mails par des hurluberlus lassés de leurs méthodes courtisanes. Ils s’arrachent les cheveux en voyant le site d’un modeste volatile parapentiste, le père Chouard, venir leur faire la nique question affluence et influence.

C’est que sur le web, n’importe quel quidam peut prendre la parole et se mesurer presque d’égal à égal avec ceux qui pensaient détenir la Puissance.

Oui, oui, je sais, il n’y a pas que des sites fleurant bon l’aubépine ou la rose sur la Toile. Et on est même assailli de gredins qui veulent gruger les gogos. Mais les gredins, les salauds et les gogos ont-ils attendu Internet pour exister ?

Les rumeurs les plus insensées peuvent, c’est vrai, aisément fleurir si on n’en vérifie pas les sources. Mais enfin, au moins, ON A LE CHOIX. On peut se faire une opinion librement, comme des grands. Et on peut donner notre opinion à nous. Quel choix, quelle parole avons-nous avec Le Monde, Libé et le Figaro, TF1 et France 2, nos chers protecteurs ?

Quant aux menaçantes forces occultes, Big brothers tirant les fils invisibles du grand théâtre virtuel mondial, laissez-moi rire ! Si cela était présentement possible, nos chères élites en tiendraient déjà eux-mêmes les commandes.

Pour l’heure, je préfère prendre le risque adulte de la liberté totale que de me soumettre docilement à leur médiocre univers contrôlé, policé, dirigé par eux à leur seul profit.

Le Yéti, Début de panique dans le microcosme médiatique, 18 octobre 2005


Le texte que tu viens de lire, cher lecteur, est un extrait de mon second billet de blogueur, écrit il y a 14 ans (tout juste expurgé des exemples qui le dataient par trop). Comme tu vois, quatorze ans après, rien n’a changé : la basse-cour médiatico-politique est encore en train de mitonner une énième loi anti fake news, de mener une énième campagne de dénigrement des réseaux sociaux.

C’est dire son impuissance à museler l’info alternative, c’est dire son ridicule à inventer des complots à dormir debout – ah, le « complot russe » ! Non seulement, ils ont été infichus en quatorze ans, de faire régresser la puissance des réseaux sociaux, mais cette dernière s’est vue décupler par les Facebook, les Twitter, les Wikileaks… Au point que la sphère médiatico-politique est toujours, sinon plus en train de mouiller sa culotte.

Alors, dénoncer les tentatives actuelles de l’oligarchie pour museler l’information alternative, oui bien sûr, c’est nécessaire, indispensable. Mais de là à s’inquiéter, à sombrer dans la paranoïa, laissez-moi doucement rigoler. On en reparle dans 14 ans ?

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.