Perpectives 2012 : la « Grande perdition » en apothéose

Aguigui Mouna, "indigné" de la première heure

— Cornegidouille, c’te déluge de flotte et de vent qu’on se prend sur le paletot depuis la Saint-Sylvestre ! Cette gadoue et ces chaos sur le chemin ! Pas un temps à faire du vélo !

Tais-toi et pédale, Waldeck ! Le jour va bientôt se lever.

— L’énergie musculaire, l’énergie la moins chère, comme disait mon pote Aguigui Mouna !

2012, année chaotique

À ce train, c’est bientôt la seule chose qui va nous rester ! 2012, année chaotique où, tu vas voir, les banques vont carrément se casser la margoulette. La faillite Dexia en 2011 n’était qu’un pâle amuse-gueule avant-coureur.

La vérité, c’est que ces torcheculs n’ont plus un vrai radis en caisse. Rien que des papelards sans valeur façon billets de Monopoly. Même plus foutues de se prêter de l’argent entre elles. Même plus foutues d’alimenter leur machine économique.

— Ah, si seulement les valeurs morales étaient cotées en bourse, hi hi hi !

En 2012, papy, le second évènement majeur va être la paralysie galopante de l’économie réelle, grande ou petite, comme en Grèce où 30% des commerces ont déjà baissé rideau. La récession est à notre porte, mon vieux. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est eux.

— Décidément, la planète ne tourne pas rond. Notre siècle : arnaques, barbaques, matraques !

Faillite démocratique

Encore un effort, mon pépère, accroche-toi à ta bécane. Non seulement la voyoucratie financière a rincé l’économie réelle, mais carrément mis sur la paille les puissances publiques qui voulaient les sauver. 2012 devrait être une apothéose pour ce qui est de la déconfiture des États.

France ? Allemagne ? États-Unis ? Quelques émergents comme la Chine, le Brésil ou l’Inde pourraient aussi avoir quelques surprises douloureuses. Et à la clé, de sérieux fritages entre tous les éclopés, je te dis pas !

— Regarde, le jour se lève dans un cadre merveilleux ! Je suis heureux, je suis heureux !

Comme quoi, y a tout de même un peu d’espoir. Avec les premières lueurs de l’aube, on voit mieux les ornières à éviter, les engeances malfaisantes à rosser !

Quand on pense qu’il suffirait que le populo se décide à ne plus payer, ces charlots ne pourraient rien faire et leur zinzin serait sur la paille en moins de deux.

Au lieu de ça, va falloir se taper des élections gnan-gnan qui vont consacrer un peu plus la faillite démocratique du vieux monde. En France, en Amérique… Sans compter cette tentation vicieuse qu’ils ont maintenant de remplacer les derniers notables élus par des technocrates à la Monti ou à la Papademos.

— C’est dingue, les grands hommes d’aujourd’hui sont vraiment de plus en plus petits !

Lueurs indignées

Tu l’as dit, Waldeck, mais on en a vu d’autres, non ? Ça se termine toujours de la même façon. Avec les feux allumés par les « indignés » du moment.

Attention, je dis bien les « indignés », pas les masses molles du genou ! Celles-ci, quand il pleut et qu’il vente, tremblent et se renfrognent comme des haricots secs au lieu de se remuer le sang. En crachant même à l’occasion sur le premier bouc émissaire qui passe, ou sur les « indignés » qui leur font honte.

Mais c’est pas grave, Waldeck, rejoignons nos oiseaux rares sans souci de la rumeur, des pisse-vinaigre et des vents mauvais. Un petit coup de Muscadet pour nous donner du cœur au ventre ?

— À la tienne, mon poto ! T’as raison, je préfère le vin d’ici à l’eau de là !

Pour aller plus loin :

Aguigui Mouna, « indigné » de la première heure (NB : les paroles du dénommé « Waldeck » sont en fait pour la plupart des aphorismes de Mouna).

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