Encore les héros de demain : sauver son village, sauver sa ville, l’ultime issue

Encore les héros de demain : sauver son village, sauver sa ville, l’ultime issue

Encore une rencontre et une belle. Il va falloir que je revoie mon échelle d’évaluation de l’humanité. Elle avait pris un grand coup dans l’aile et là … c’est un peu comme si la providence me disait : « Tu ne regardes pas où il faut. »

« Eh, mais, la Providence, tu ne vois pas les nuées de fous ?
– Non, me répond-elle, toi, toi, regarde et écoute ! »

Et je tombe sur une dame d’un certain âge, pas loin des soixante, une vieille amie que j’avais un peu perdu de vue, une politicarde blanchie sous le harnais, un peu tout ce que j’ai de plus en plus de mal à supporter moi, les politicards, vu que j’ai donné. J’ai tenté, à une époque de m’intégrer à ce petit monde des partis politiques et ça n’a pas marché bien fort.

Bref, je la revois, celle-là, parce qu’elle m’avait paru différente à l’époque.

Eh bien amis humains, elle l’est !

Nous nous installons dans un de ces petits restaurants, au bord de la Vienne, qui nourrissent les ouvriers pour trois francs six sous et qui les nourrissent bien, vin et café compris. Nous nous embrassons (oui, bon, je l’aimais vraiment bien cette militante un peu hors normes) et elle me demande assez vite, une fois les retrouvailles terminées : « Dis, toi, Marie, qu’est-ce que tu en penses ? Est-ce que tu crois que Limoges pourrait devenir autonome en énergie ? »

Je lui dis que oui, un peu amusée. Cinq ans plus tôt, j’avais essayé de leur en parler à ces gens qui montaient une liste pour les municipales mais personne n’avait écouté. Je gonfle un peu mon jabot parce qu’apparemment, j’avais juste un petit métro d’avance, ce qui est assez flatteur, convenons-en. Mais convenons-en vite. Le temps n’est plus aux gonflages de jabot. Le temps est à l’urgence.

Alors bref, je lui dis que oui, qu’il y a les anciens moulins de tannage sur la Vienne, avec les micro-barrages et que ça, ça peut assez vite se transformer en belle et bonne électricité. Je lui parle des quelques régies autonomes qui se sont déjà montées ici et là, hors circuit EDF et qui permettent à des villages de ne plus vivre les affres des coupures et des prix exorbitants.

Oui, on en est là !

Elle me demande si je pense qu’on pourrait transposer ça sur une ville de 130 000 habitants. Je lui dis que oui . On parle technique, structure, organisation. Elle lève son beau regard bleu, honnête, sincère et elle me dit : « Il faut le faire, il n’y a plus que ça à faire, agir localement, sortir des villes entières de la tyrannie des marchés et du profit. Rien ne se passera au national. Le temps des partis politiques et de leurs programmes XXL est passé. Ils n’ont rien réussi. Je m’en détourne, définitivement. On monte une liste sur Limoges, on va dans les quartiers, on a un très bon écho. Je veux tout faire pour qu’on gagne, et qu’ensemble, avec les citoyens, on sorte Limoges de l’ornière alimentaire, énergétique, bref, qu’on se donne une chance de survie. »

Oui, on en est là ! Les gens qui ont un peu de plomb dans la tête et un peu de générosité en sont là : sauver les meubles et tenter de donner un avenir aux gens, là où ils vivent.

Je l’écoute, fascinée. Elle a déjà beaucoup consulté, beaucoup écouté, crée du réseau dans les milieux les plus populaires, pour la monter, cette fichue liste et tenter de remporter l’élection : la première marche, mais incontournable, pour avoir une chance de sauver la mise des gens.

Et pendant qu’elle faisait cela, moi, je cherchais un terrain pour tenter de sauver des pénuries qui s’annoncent … ma famille.

Respect. Il faut qu’elle réussisse. Il faut que partout, les gens qui se lèvent et commencent à construire autrement, loin des infrastructures et des cercles du pouvoir, trouvent un écho et puissent lancer le grand chantier local qui sauvera les habitants de leur coin de vie.

Parce que les ONU, UE et gouvernements nationaux ne feront rien, ne réussiront rien. Ils sont trop gangrenés par les grands groupes industriels, financiers, commerciaux qui ont bien l’intention, coûte que coûte, au détriment de notre écosystème et de notre survie, de faire le maximum de profit avant la fin du monde.

Alors, si vous vivez à Limoges, renseignez-vous. Vous la repérerez vite la liste électorale de ceux qui ont décidé de tenter un ultime baroud d’honneur, un baroud de lucidité, d’altruisme et de dévouement. Et si vous ne prenez pas la peine de la découvrir et de voter pour elle, je vous souhaite de bien profiter et de vous en foutre plein la panse avant la faim, la soif et la nuit noire.

Auteure de polars, de gauche, avec un gros faible pour les gilets jaunes et leur projet de République pour et par le peuple. Son site : https://lacavernedemarie.wordpress.com/