Le printemps revient : les Gilets jaunes refleurissent leur rond-point

Le printemps revient : les Gilets jaunes refleurissent leur rond-point

Près de chez moi, comme les jonquilles annonçant le printemps, des Gilets jaunes sont venus refleurir le rond-point dont ils avaient été chassés, l’hiver et quelques salopards aidant.

Ils sont tout contents, tout surpris presque de se retrouver-là :

« super les photos fabien toute une famille »

« belle journée aujourd hui sa commence a revenir sur atlantheix »

Atlantheix, c’est le nom de la zone commerciale où se trouve le rond-point des Gilets jaunes, près de chez moi. Depuis le début de la semaine, je suis passé trois fois en voiture sur ce rond-point. Et à chaque fois, je les ai vus la main levée pour saluer les automobilistes. Certains répondaient en klaxonnant. Oui, un air de printemps.

Mon cœur, mon cœur, ne t’emballe pas, et vous mes mains, ne tremblez plus, les Gilets jaunes sont revenus…

Et puis, il y a la sortie du livre de François Ruffin, « Ce pays que tu ne connais pas », dont le Partageux parle, ou plutôt fait parler, juste avant sur le yetiblog. Je n’ai pas encore lu ce bouquin (ça ne saurait tarder), mais je sais déjà ce qui va m’y plaire : non pas la critique du petit con de l’Élysée, mais le portrait que l’auteur, ce chic type, fait des gens d’en bas, la parole qu’il leur donne, eux qui, à bout de dégoût et de colère, sont entrés en guerre contre les voyous d’en haut, sur les ronds-points.

« François Ruffin est monté en première ligne de la bataille qui se mène chaque jour sur les ronds-points. C’est en correspondant de guerre qu’il nous fait entendre ces voix qui nous sont précieuses » (Gérard Mordillat).

Sur les chemins traversiers qui bordent ma presqu’île, la boue des dernières pluies macule encore nos chaussures, crotte nos bas de pantalons. Et je ne vous parle pas de la merde que déversent à tombereaux les incontinents bousculés d’en haut, comme ce ministre de l’Intérieur allant vomir sa haine des Gilets jaunes devant des mômes de dix ans.

Beurk, tout ça pue, sent le rance, la panique aussi.  Le printemps et le soleil jaune qui arrivent vont balayer toute cette fange. Enfin j’espère, même si je sais que ça ne va pas être tout simple. Ce matin à l’aube, au moment où j’écris ces lignes, il y a une jolie lune, annonçant un ciel dégagé. Mon cœur, mon cœur, ne t’emballe pas, et vous mes mains, ne tremblez plus, les Gilets jaunes sont revenus…

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.