Sortie de crise : précipiter la faillite des banques !

Fort de l’appui du ministre Fillon (celui-ci vient de confirmer l’état de faillite du pays et la nécessité d’y faire face), je propose de mettre en application le nouveau leitmotiv du challenger socialiste Hollande : << donner du sens à la rigueur >>.

Pas sûr que ces deux zèbres approuvent mon interprétation de leurs consignes. La rigueur, d’accord, mais peut-être pas pour ceux à qui ils pensent !

Car à mon sens, dans l’intérêt même du public qui prime largement sur tout autre intérêt privé, il n’y a qu’une façon de se diriger vers une sortie de crise acceptable : précipiter la banqueroute des banques créancières en leur coupant le sifflet du remboursement d’une dette qui ne leur est plus due.

C’est-à-dire, acter avant qu’il ne soit trop tard le défaut de paiement du pays. Et des citoyens.

L’exemple islandais

Avant que les coquelets du microcosme et assimilés se dressent sur leurs ergots en hurlant à l’infamie, pire au sacrilège, je précise que je ne fais guère œuvre originale puisque j’appuie mon raisonnement sur une situation réellement existante : celle de l’Islande.

Rappelons que cette volcanique petite nation, jadis fleuron zélé d’un système aussi arrogant que creux, s’est mangé il y a trois ans un gadin sérieux au premier hoquet de la bête blessée.

Mais, maligne, sut se débarrasser du fléau qui l’entraînait tout droit par le fond en laissant ses trois banques-boulets faire faillite.

Aujourd’hui, ô miracle, l’Islande doit être un des seuls îlots de la planète en train de ré-émerger en affichant une santé replète, avec une croissance à 2,5% au premier semestre 2011 :

<< L’enseignement qui peut être tiré de la sortie de crise par l’Islande est qu’il est important de faire supporter le moins possible le coût de la crise financière par le contribuable et par les finances du gouvernement >> (Jon Bjarki Bentsson, analyste patenté de la banque Islandsbanki)

Le soutien d’un prix Nobel, d’un Belge et de la dure réalité

Notons en passant que la politique économique islandaise vient de recevoir l’appui appuyé d’un prix Nobel d’économie américain, Paul Krugman :

<< Là où tous les autres ont renfloué les banques et laissé les citoyens en payer le prix, l’Islande a laissé les banques aller à la faillite et a, en fait, augmenté son filet de protection sociale. >>

On remarquera que l’appui de Paul Krugman n’est pas isolé. Paul Jorion, notre Belge national, ne vient-il pas de s’y rallier ?

<< Si on ne veut pas que le système soit bientôt à feu et à sang, il faut un moratoire sur la dette des États. Les États sont insolvables. Même la France ne pourra pas payer. On doit tout mettre à plat et effacer les dettes et reconstruire un nouvel ordre monétaire international. >>

Fermez le ban si vous voulez, mais ce serait assez vite oublier que la réalité elle-même vient mettre ses gros sabots dans le plat.

La dette de la Grèce vient d’être décotée de moitié, sous la contrainte.  Et tandis que la troïka des Diafoirus (BCE, FMI, UE) peine à mettre au pot 8 petits milliards d’aide promise en 2010, le ministre grec des finances annonce qu’il lui faudra 80 milliards supplémentaires d’ici fin février 2012 pour honorer les échéances de la moitié restante !

Comment dépasser un personnel politique dépassé

Oublions nos duettistes des temps « florissants » révolus (Fillon/Hollande) et constatons que le personnel politique alternatif a encore bien du mal à appréhender le problème délicat qui se pose.

Ceux-là (Eva Joly, Jean-Luc Mélenchon) s’acharnent encore à penser qu’on pourra combler les trous abyssaux d’une dette hypertrophiée galopante en faisant donner du contrôleur fiscal ! Idiotie naïve qu’il n’y a qu’une manière de compenser : en aidant les banques à précipiter leur faillite (de toute manière inéluctable) !

Pas difficile, si nos chers « indignés », en même temps qu’aller camper frigorifiés sur le parvis détrempé de la Défense, prônaient avec succès une politique de boycott des remboursements de prêts perso (les seuls sur lesquels le citoyen peut agir), en moins d’un mois ce serait plié ! La désobéissance civile, figurez-vous, ça n’est pas pour les chiens.

Ne me demandez pas de donner l’exemple, c’est fait. Me suis même fait une copine de la charmante huissière venue me demander au nom de mes (anciennes) banques des sommes que j’avais préféré placer dans les affaires de quelques proches à qui ces officines n’accordaient plus crédit.

<< En ce moment, ho ho ho, ça commence drôlement à bouger ! >> (s’est exclamée la jolie soumissionnaire, rigolarde, alors que je lui déclarais que les mouches étaient en train de changer d’âne, et que désormais ce n’était plus ces brasseurs de fric qui allaient imposer leurs délais).

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Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation.