Gilets jaune acte 14 : le ton monte que plus rien ne saura bientôt arrêter

Gilets jaune acte 14 : le ton monte que plus rien ne saura bientôt arrêter

L’acte 14 du 16 février aura tenu toutes ses promesses. Du monde, du soleil, des cris, des joies, des drames… Des excès aussi, mais quoi de plus normal après trois mois de manifestations hebdomadaires ininterrompues sans aucune autre réponse des autorités que le mépris, la bêtise et la violence ?

Bon, Finkielkraut qui passait par là s’est un peu fait secouer, et alors ? Il suffit de dérouler la liste des déclarations infamantes prononcées par l’intéressé tout au long de ces années pour constater qu’il n’a pas volé cette volée de bois vert. Injures antisémites, s’indignent certains ? Étonnant, j’ai visionné la vidéo de « l’agression » (purement verbale) et n’ai entendu à l’encontre de ce « philosophe » ayant monopole médiatique qu’une qualification de « sale sioniste ».

Le sionisme étant une idéologie politique, l’antisionisme ne peut être qu’une position politique d’opposition à cette idéologie. Rien à voir avec « la discrimination et l’hostilité manifestées à l’encontre des Juifs en tant que groupe ethnique, religieux ou racial » qui caractérise l’antisémitisme.

Mais passons, l’amalgame est trop éculé pour n’être point disqualifié. Les insultes contre le « philosophe » étaient certes grossières, mais la colère est grossière. Et ce n’était que des mots. Que je sache, Finkielkraut s’en est sorti sans œil crevé, sans main arrachée, sans corps mutilé. Qu’on me permette de donner un ordre de priorité dans l’échelle de mes indignations.

Le mépris comme détonateur d’une prochaine guerre civile

Le ton monte et va monter encore, c’est certain. Mais quoi de plus logique ? Trois mois de soulèvement sans aucune autre réponse du pouvoir et de sa cour médiatique que des dénégations, des tentatives de déstabilisation, de diffamation, d’intimidation, de dégagement en touche.

Et ce mépris, oh ce mépris ! Comme cette réponse dégueulasse faite par le premier ministre Philippe à un vieil homme de 73 ans l’implorant de prendre en compte sa situation précaire de retraité à 700 euros par mois.

Le mouvement des Gilets jaunes arrive à un point de non retour. Abandonner aujourd’hui la lutte pour la liberté, l’égalité et la fraternité serait plus dommageable pour les émeutiers que de la continuer vaille que vaille, coûte que coûte. Chaque GJ en a aujourd’hui conscience, me semble-t-il. Et au bout de quatorze démonstrations hebdomadaires consécutives rien n’est venu entamer sa détermination, pas même les violences policières, grossières et stupides elles aussi, comme cette horde de flics descendant les Champs-Élysées le soir du 16 février, cognant gratos sur tout ce qui bouge, et même sur une street-medic (médecin de rue), pourtant reconnaissable à sa tenue blanche et à son sac à dos rouge (minute 0:49).

Cliquer sur l’image pour voir le tweet et la vidéo

Aussi, si les actes pacifiques ne suffisent pas, si les réactions politiques ne sont pas à la hauteur des attentes d’un peuple en révolte, alors les risques de guerre civile, de déflagration populaire vraiment violente, monteront jusqu’au point d’explosion qu’aucune piètre accusation d’antisémitisme, de populisme, de complotisme ne sauront plus enrayer. Après tout, le pacifique Mandela lui-même finit par avoir recours à la lutte armée pour faire triompher sa cause. Aujourd’hui, même ceux des importants qui dénigrent le soulèvement des Gilets jaunes lui rendent officiellement hommage. La roue de l’Histoire tourne contre eux.

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.