Lettre à Arnaud : une place de premier ministrable t’attend au Front de gauche

Cher Arnaud,

J’ai lu ta lettre ouverte à tes chers Martine et François. Franchement tu sais à quoi elle me fait penser ? Au mot rageur envoyé par un ado survolté à sa vieille tante et à son oncle cacochyme.


Que veux-tu que ces deux-là te répondent, mon cher Arnaud ? Rien, des trucs du genre : « Mais oui, mon p’tit gars, bien sûr ! Tiens, tata t’envoie cette petite invitation gratuite pour une place en corbeille à leur prochain spectacle gouvernemental ! Ça te fait plaisir au moins ? »

Le savon du « conseiller en clientèle »

Qu’est-ce que tu crois, Arnaud  ? Qu’ils vont répondre à ta demande de mise sous tutelle des banques, là où précisément ils ont planqué leurs petites économies ? Mais mon vieux, s’ils te donnaient raison là-dessus, sûr que leur conseiller en clientèle les convoquerait aussi sec pour leur passer un savon.

D’ailleurs, tu sais ce qu’il a dit, tonton François ? Il a dit : « La dette est le premier ennemi des socialistes. » (« Socialistes », c’est le petit nom qu’ils se donnent, tata et lui, pour rigoler ! )

La dette, tu sais ce que c’est ? C’est l’intérêt que leur réclame leur conseiller en clientèle, oui, celui qui leur fait si peur quand il gronde. Et tu voudrais, toi, naïf que tu es, qu’ils le mettent sous tutelle comme une vulgaire Bettencourt ?

Pareil pour ton « protectionnisme européen » (gueule apoplectique du « conseiller en clientèle »), ou ta VIe République (une cabane dans le marronnier au fond du jardin, pour eux).

L’invitation de l’oncle Mélenchon

Allez, Arnaud, tu ne vas pas refaire le même coup qu’avec cette foldingue de tante Ségo en 2007. Là aussi tu nous avais inondés de missives enflammées, de discours altiers, pour finalement te laisser embobiner par le délire déjanté de l’impétrante du moment.

Maintenant tu as grandi tout de même. Ce qui te guette, si tu t’en remets encore à ces souvenirs du passé que sont tata Martine et tonton François, c’est de te barber cinq années durant, à regarder en boucle Plus belle la vie sur la vieille télé du salon, sous le portrait jaunissant de l’arrière-tonton François 1er (oui çui qu’a été Président quelque chose, dans des temps bien révolus).

D’ailleurs, je viens d’apprendre que l’oncle Mélenchon venait d’y répondre lui aussi, à ta lettre. Et dans des termes autrement moins lénifiants. L’oncle Mélenchon, tu sais, celui qui fait bisquer la famille avec ces écarts de conduite à gauche et sa grosse voix tonitruante.

Bon d’accord, de temps en temps, il gonfle un peu avec ces airs de matamore et ces yeux qui roulent. Mais quand même avoue qu’une ballade avec lui serait un peu plus fendarde qu’avec les deux autres cotonneux. Lui, au moins, ce n’est pas le conseiller en clientèle qui va lui foutre les chocottes !

En plus il vient de t’offrir une place de premier ministrable dans son jeu à lui. Maintenant, c’est à toi de voir, mon grand.

Je t’embrasse,

cousin Yéti

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