Gilets jaunes acte 12 : il n’y a pas plus légitime, plus juste et plus noble que le combat présent

Gilets jaunes acte 12 : il n’y a pas plus légitime, plus juste et plus noble que le combat présent

Pour cet acte 12 du mouvement de contestation des « Gilets Jaunes », encore des dizaines et des dizaines de milliers de manifestants aujourd’hui, dans de nombreuses villes, partout en France. Encore un déploiement de toute sorte de police proprement démentiel. Encore des cortèges objectivement pacifiques rapidement bloqués, nassés et gazés. Encore des tirs de LBD en plein visage. Encore des blessés, des arrestations, des gardes à vue. Encore une caste médiatique vautrée dans la propagande et la manipulation.

Et toujours pas le début de la moindre proposition politique décente de la part d’un pouvoir toujours aussi méprisant, éclaboussé une fois de plus par le scandale d’état de l’affaire Benalla, et dont la légitimité décroit aussi vite que sa dérive autoritaire s’approfondit.

Alors que va t-il advenir ? Que vont-ils imaginer d’autre pour écraser les protestations et faire taire toute cette population ? Puisque nous insulter, nous mépriser, nous mentir, nous humilier ne suffit pas, puisqu’arracher des mains, casser des dents, des membres, des mâchoires et crever des yeux ne suffit pas, puisque jeter les gens en prison ne suffit pas, faudra t-il qu’ils nous tuent ? Un par un, les uns après les autres, jusqu’à ce que tous aient peur et rentre chez eux, ou jusqu’à ce que plus personne n’ait peur, que plus personne n’ait plus rien à perdre et qu’on en vienne au pire ?

« Une fois qu’un peuple n’est plus terrorisé, on ne peut lui réinjecter la peur » (Robert Fisk, The Independent)

Le combat pour la justice, pour la dignité, celui qui rend toute son humanité et tout son honneur à qui le mène

Mais bon sang, tout ça pour quoi ? Reprenons : tout ça parce que cette masse considérable de gens divers, variés, et souvent parmi les plus « ordinaires », vous, moi, tous ces gens n’en peuvent plus, sont à bout de nerfs, à bout d’espoir, et cette fois le disent, le crient, haut et fort, relevant la tête, ne courbant plus le dos, refusant d’en subir davantage, retrouvant le courage, le dernier peut-être, de se redresser, d’oser parler, d’oser se montrer, retrouvant la volonté de se faire entendre, exigeant d’être entendus, exigeant qu’on cesse de les maltraiter, de les manipuler, de les considérer comme quantité négligeable, qu’on cesse de leur pourrir l’existence.

Qu’on cesse de faire de leur vie un enfer alors qu’au même moment, ils le savent maintenant, quelques poignées de privilégiés s’empiffrent sur leur dos, les exploitent sans limite, et vivent pour la plupart dans l’illégalité, par la fraude, la corruption, les magouilles, les petits arrangements entre amis du même monde, un monde cynique et arrogant, protégé de tout, coupé du reste de la population, et qui par son mode de vie obscène se rend responsable des pires souffrances, des pires injustices et des pires destructions.

Il n’y a pas plus légitime, plus juste et plus noble que le combat présent. Car c’est celui pour la justice, pour la dignité, c’est celui qui rend toute son humanité et tout son honneur à qui le mène. Et ceux qui s’y opposent d’une main de fer, abusant de leur pouvoir, sans autre motif que protéger leurs propres intérêts contre tous, ceux-là se couvrent d’infamie. Honte à eux. Honte.

(Photo 02/02/19 Paris. AFP)

Autodidacte en tout, café-théâtre, chanson française (auteur-compositeur-interprète), sculpture, photo, écriture, et même agriculture, en rupture de ban avec "le système", je me cantonne désormais à produire de la pensée et de l'émotion. Je n'attends pas de jours meilleurs (ils seront pires) mais j'en fabrique comme je peux...