Débâcle des places boursières : comme des insectes affolés…

Badaboum ! Les places boursières cèdent à la débâcle. Les banques en championnes du désastre. Quasiment biblique, le spectacle : punis par où ils ont péché. Sur les lieux du culte financier.

Regardez donc leurs grands prêtres continuer à entonner leurs cantiques, à anôner leurs versets pendant que les cathédrales s’effondrent :

  • « Je ne pense pas que les Etats-Unis et le monde vont retomber en récession » (Robert Zoellick, chef de la Banque mondiale).

  • « Je suis absolument certain que l’euro survivra » (José Manuel Barroso, président de la Commission européenne.

  • « Je suis confiant dans le fait que nous trouverons bientôt une solution » (Herman van Rompuy, président de l’Union européenne).

Le pillage des objets du culte

Mais qui les entend encore, qui les écoute encore dans le fracas sidérant de leur chute ?

Qui croit encore ces grandes entreprises du CAC40 fanfaronnant avec leur profits records du premier semestre. Ah bon ? Comment se fait-il alors que leurs plus zélés fidèles abandonnent leurs navires ?

Depuis le 1er janvier de cette année, les actions des entreprises du CAC40 ont plongé de 21,16% (chiffre arrêté au 5 septembre). Même leurs fleurons les plus arrogants sombrent (Total : -19,27%). Et que dire des bancaires ? La Société générale a perdu 49,37% de sa valeur boursière en 2011 et la BNP, 34,36%.

Les fameux profits là-dedans ? Rien, des objets du culte emportés à la hâte par les grands prêtres cherchant à échapper aux décombres de leurs « plans de restructuration ».

« Que va-t-il se passer quand tout ça va casser ? »

Même la foule des impies, dehors, commence à s’interroger et à s’inquiéter. Pierredev, ingénieur de formation sur le « trottoir » de Paul Jorion :

« J’écoute et je lis le blog [de Paul Jorion, ndlr] depuis quelques semaines, espérant arriver à comprendre au moins les grandes lignes de “comment marche le grand Monopoly de l’économie et de la finance”. Or plus j’avance et moins je comprends (sinon que lorsque toutes les cases sont couvertes d’hôtels au Monopoly, on recommence à zéro avec redistribution des cartes). »

Et de poser la question qui tue :

« Que va-t-il se passer concrètement quand tout ça va casser ? »

La parole est aux peuples et à eux seuls

La réponse lui vient de Noam Chomsky :

« En réduisant ce qu’il nous reste de démocratie, les institutions financières installent les outils pour poursuivre un processus mortel. Elles continueront aussi longtemps que leurs victimes consentiront à souffrir en silence. »

On ne saurait être plus clair : la sortie de cette grande crise que d’aucuns qualifient de « Grande perdition », est entre les mains du peuple, des peuples, et d’eux seuls.

Car le constat est sans appel. Les élites en place, vieillies, dissolues, ont failli. Les médias officiels, sous le joug des financiers, étouffent toutes velléités de réactions. Nul groupe organisé, nul parti, nul personnage emblématique qui se posent véritablement, aujourd’hui, en recours dans aucun pays du monde. Des insectes désemparés.

Alors de se tourner vers les lueurs des révolutions arabes, les embrasements des Indignés européens

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Un voyageur à domicile en quête d'une nouvelle civilisation.