Chaleurs d’été : le couple et le cul font-ils bon ménage ?

Tant qu'il y aura des hommesYoupi, c’est l’été, les vacances ! Le moment d’aborder des sujets légers, les « marronniers », comme ils disent, dans la presse, ces sujets qui reviennent rituellement en une, par période. Tiens, celui-là par exemple : le cul a-t-il un avenir dans le couple ? Et surtout combien de temps ?

Plus qu’un épisodique marronnier, celui-ci est plutôt un sujet chronique, obsédant, tenace, minant. Que tout le monde garde sous le manteau, sans trop oser en parler, pour protéger d’artificiels et précaires équilibres. Mais que les chaudes moiteurs estivales font irrésistiblement rejaillir.

Un test pas bandant du tout

Tiens, un test : combien parmi les visiteurs de ce billet peuvent-ils jurer que la satisfaction sexuelle reste de même intensité six-sept ans après leur mise en ménage ? Combien pour qui la monotonie d’un devoir conjugal de plus en plus stéréotypé et éparpillé a remplacé la fureur euphorique des premières étreintes ?

S’en accommoder ? Foin des ordonnances de l’esprit, ce maudit corps réclame obstinément son dû, bat la bienséance en brèche, ébranle les barrières morales des plus rigoristes. Alors, tous de chercher fiévreusement des solutions de fortune.

En pratiquant le jogging comme un forcené. En faisant chier son monde au boulot par des ambitions hiérarchiques dénuées de tout scrupules. En gueulant comme un charretier au volant de sa petite auto. En multipliant les plaisanteries gaillardes et les allusions balourdes à la moindre occasion.

D’autres empruntent des voies moins caricaturales que les frustrants soins palliatifs cités ci-dessus, tentent une incursion dans des domaines moins explorés, mais plus incertains : le polyamour si délicat à gérer, l’échangisme entre connaissances ou en clubs spécialisés, les têtes-à-têtes virtuels sur des sites internet plus ou moins hot, ou simplement le recours traditionnel à l’amant(e) providentiel(le).

De la difficulté existentielle à concilier couple et cul

Mais le naturel revient bien vite au galop et l’esprit fait valoir des exigences que le corps ne connaît pas. Décrète la possession exclusive de ce qu’il prétend aimer. Brandit la jalousie en étendard. Exclut d’autorité tout corps étranger. En appelle à l’éthique des amours définitives, à la fidélité, au sens du devoir. Sans compter les murmures fielleux de l’entourage.

Bref, c’est le bordel assuré. Et une jolie confusion pour notre petit animal humain déchiré entre ses contradictions.

« Pas question qu’on m’y reprenne ! » s’exclama cette jeune amie, échaudée par une liaison adultère tumultueuse qui avait failli pulvériser son couple. « Moi, pour coucher, faut que je sois amoureuse. Et quand je suis amoureuse… » Pour finir, elle m’avoua s’être procurée un vibromasseur électrique « génial ».

Était-elle amoureuse de son sextoy en plastique à piles ? Allait-elle se résigner à renoncer à toute aventure sexuelle la trentaine à peine passée ?

Chercher, buter, se brûler un peu

La vérité est qu’il n’y a pas vraiment de solutions. Ou plutôt si nombreuses et si variables selon les individus qu’il est impossible d’en citer une en référence (comptez pas que je vous révèle les miennes, faut pas pousser ! ).

La seule conclusion à tirer de tout ceci est que, non, le couple et le cul ne font pas bon ménage. Ou du moins pas longtemps. Et qu’il faut au petit humain infiniment de patience pour s’en accommoder. Des trésors d’ingéniosité pour vivre avec. Bâtir le fragile équilibre entre les appétits du corps et les injonctions de l’esprit. Composer, louvoyer, mentir un tout petit peu. Ou se résigner à vivre sans et sec.

Moi, je le trouve touchant, le petit humain, quand il cherche, bute, se brûle un peu pour essayer de se dépatouiller de cette glu existentielle qui lui poisse la vie. (Beaucoup moins lorsqu’il renonce, s’étiole ou tente d’imposer à tous les solutions qu’il croit avoir trouvées pour lui seul.)

Mais bon, youpi, c’est l’été, le temps de la légèreté et de l’éphémère, du (presque) tout permis. Retournons sur cette plage nous laisser étourdir par toutes ces peaux offertes au soleil. Avant qu’il ne soit trop tard et que s’envolent en souvenirs nos derniers baisers.


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Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.

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